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Soyez les bienvenus dans les mondes de Sadra !

Que vous soyez un voyageur égaré ou un ami, soyez le bienvenu dans ce coin de la toile virtuelle que je me suis aménagé...

En ce lieu, je vais publier régulièrement mes récits provenant de Ganareth, monde du MMORPG Dark and light, auquel je ne joue pas, mais dont le "background" m'a envoûté...

Je souhaite aussi vous faire partager les histoires qui sortent directement de ma tête et qui, je l'espère, vous transporteront pour un moment "ailleurs"...

Et pour finir, à terme, j'entends vous présenter ici les textes en rapports aux mondes que je souhaite faire vivre, que ce soit sous forme de livres, de jeu... ou tout simplement de pixels, ici même...

Au fait, n'hésitez pas à me laisser vos impressions, afin que grâce à elles je puisse m'améliorer...

 

Bonne lecture et bon voyage

Sadra

Jeudi 16 novembre 2006
Cre’Decadi de Maré 387 UC

Je suis un abruti ! Un abruti qui vient de faire une découverte, mais un abruti quand même. Ils ont raison, quand ils me disent de ne pas me poser de question et de vivre ma vie telle qu’elle arrive. Oh oui, ils ont raison. Cela évite d’être un ABRUTI !!!

Cette journée devait être parfaite… Elle a été catastrophique… Elle devait être inoubliable… et elle le sera. Mais, cher journal, laisse-moi te la raconter, que tu juges ma sottise par toi-même…

Déjà, j’ai réussi à éviter la maladresse de l’autre nuit de justesse et je n’ai pratiquement pas dormi. Et c’était long, à attendre enfin l’heure à laquelle j’allais pouvoir La revoir ! Enfin, quand l’heure est arrivée, je me suis levé, lavé, préparé et je m’en suis allé à la biblio. Je ne sais pas pourquoi, mais un coin sombre de mon esprit redoutait un coup monté. Je m’attendais à ce qu’elle ne vienne pas, ce qui m’aurait évité d’être déçu. J’avais aussi imaginé la possibilité que toutes ses copines soient en train de me regarder en vain l’attendre… Mais je me trompais. Elle était là, Elle m’attendait, Elle me souriait. Quand je suis arrivé près d’elle pour la saluer, Elle s’est penchée vers moi et m’a embrassé.

Que dire à part que le bonheur m’a submergé tel le Grand Torrent dévalant entre les rochers ! Des milliers de fois, j’ai rêvé de ce moment, mais jamais je n’ai, rien qu’approché, le plaisir que procure un baiser de celle que l’on chérit depuis de longs mois…

Quand enfin nous nous sommes séparés, nous nous sommes regardés étrangement, avec connivence, comme deux gamins venant de faire une bêtise. Shienn’Mirã se pressait contre moi. Je sentais sa poitrine contre mon torse. Le plafond de la grotte se serait effondré que je n’aurais pas bronché…

Enfin, j’ai réussi à reprendre mes esprits. Je lui ai proposé d’une voix enrouée d’entrer dans la biblio. Et là, elle m’a lancé un regard de feu en me disant : « Non, Jhal’arl, pas ici… Allons aux archives… J’ai un passe… ».

Et moi, comme en petit enfant donnant la main à sa mère, je me suis laissé traîner vers les archives, qui se trouvaient entre le Quartier des Maîtres et la bibliothèque. Nous sommes entrés. Il y faisait sombre. Des rangées innombrables d’étagères pleines d’archives étaient alignées. Par jeu, Shienn’Mirã m’a alors lâché la main et s’est enfuie entre les colonnades. « Viens-me chercher », chuchotait-elle. Et je me suis mis à lui courir après. J’étais comme en transe, devinant ce qui pourrait suivre, ce qui me déconcentrait encore plus. C’est alors que j’ai percuté une paroi.

Aussitôt, je sus que j’étais face à quelque chose de probable. J’appliquai mes mains contre elles et appuyai. C’était impossible. La salle des archives ne pouvait pas être si petite. Dans ma tête, des rouages semblèrent se mettre en marche. La biblio est trop petite… Le Quartier des Maîtres est trop petit… Cette salle est trop petite… Et la pièce restante de ce carré des bâtiments officiels du service de l’éducation est le bureau du proviseur, que j’avais déjà vu et qui ne remplissait pas le manque.

J’ai sursauté quand une main s’est posée sur mon avant-bras. C’était Shienn’Mirã. Elle m’a demandé ce qui se passait et je lui ai répondu : « Il y’a une pièce cachée dans les bâtiment de l’éducation ». Elle m’a souri et s’est collée contre moi. « Sans doute quelques pièces pour les Maîtres… ». Elle m’a embrassé dans le cou et moi, grand abruti, j’ai continué dans mon délire. Je suis sûr qu’une pièce secrète est cachée entre ces différentes masures. J’avais même mon idée sur la question. Je ne pensais plus du tout au sexe et j’ai demandé à Shienn’Mirã de m’aider.

Nous nous sommes mis à déplacer de lourdes armoires en les glissant sur le sol. Cela a fait un boucan d’enfer. Je n’ai rien trouvé. Il devait bien y avoir une entrée, mais où. Et c’est à ce moment là que tout a dégénéré. Une porte s’est ouverte, quelque part. Un voix demandant s’il y’avait quelqu’un. Shienn’Mirã m’a regardé, paniquée. Je lui ai souri et lui ai dit de me suivre. Je crois que, si c’est possible, je l’ai aimé un peu plus encore quand elle a attrapé ma main pour la serrer dans la sienne. Nous avons slalomé entre les rangées d’étagères. Nous ne tenions pas à nous faire repérer, car des élèves traînants ici, même pour un rendez-vous galant, était un acte grave… très grave. Ce n’était pas la salle des archives pour rien, et tous les tests et examens passés étaient là, quelques part, entreposés.

Un frisson d’effroi m’a parcouru quand une seconde voix s’est faite entendre. Sans réfléchir, j’ai poussé Shienn’Mirã contre une pile de classeurs et lui ai fait signe de se taire. J’ai bougé les lèvres pour lui dire que je l’aimais, mais je doute qu’elle ait compris quoi que ce soit. Ensuite, j’ai tourné le dos et me suis dirigé vers les voix. Une fois près d’elles, j’ai fait du bruit exprès et me suis dénoncé.

Je me suis alors retrouvé entre deux profs à l’air grave et à la mine sévère. Je ne les connaissais pas. Sans un mot, ils m’ont conduit dans le bureau du proviseur, qui semblait déjà m’attendre. Malgré ma trouille, je fus capable de mesurer approximativement la surface de la pièce. Trop petite. Et à part la porte d’entrée et une autre en direction du Quartier des Maîtres, rien. J’étais plus que jamais sûr de moi.

Il y’a bel et bien une salle dissimulée entre la biblio, la salle des archives, le Quartier des Maîtres et le bureau du proviseur.

Quand j’en ressortis, de ce bureau, je savais que je venais de me faire brosser sévèrement, mais j’ignorais les mots prononcés. J’espérais seulement de tout mon être que Shienn’Mirã ait réussi à s’enfuir. Pour le passe, je bredouillais que je l’avais volé et qu’il avait glissé de ma poche en tentant de fuir…Tout le long du monologue du proviseur, je n’ai cessé de penser à Elle et à cette pièce, l’une prenant le dessus sur l’autre à chaque nouvelle connexion de mes neurones imbéciles.

Shienn’Mirã … Si je Lui avais fait l’amour, comme tout gars de mon âge aurait fait, non seulement de je serais pas passé pour un abruti à ses yeux en tentant de chercher une chimère, mais je ne me serais pas fait attraper pour une faute grave en faisant du bruit stupidement. QUEL ABRUTI !!!

Et pour terminer, me voilà puni pour trois jours à trier des spores de champignons à « la Ferme »… Quelle galère.

C’est donc le cœur lourd et l’esprit préoccupé que je fais mes bagages. Je dois te laisser, mon cher journal, durant ces trois jours. Je serai de retour bientôt, et je suppose que tu auras la mission de subir mes épanchements pour la perte de la fille que j’aime… C’est trop bête… M’être conduit ainsi, tel le dernier des abrutis…

A dans trois jours, cher journal que je ne peux prendre avec moi…


Aur’Quadradi de Avré 387 UC, le matin

Me voici de retour, mon cher journal… C’est le matin et je viens d’arriver. Un douche et ensuite, départ aux cours. Malgré que je me sois déjà lavé, je suis encore plein de spores. Ca colle, ça s’infiltre dans les vêtements et s’insinue dans la bouche et le nez. Je n’arrête pas d’éternuer.

Trois jours de ce travail abrutissant consistant à trier ces « graines de champignons »… La tâche idéale pour un abruti comme moi… Enfin, presque. Car c’est un travail répétitif et, pour peu que l’on se concentre, l’on peut machinalement travailler tout en laissant son esprit vagabonder. Donc j’ai pensé. Cela, personne ne peut m’en empêcher. Et de fait, j’ai des suppositions que je devrai vérifier…

Tu m’as manqué, cher journal. Shienn’Mirã m’a manqué. Et la « pièce » m’a obsédé…

A ce soir, cher journal…


Aur’Quadradi de Avré 387 UC, le soir

ELLE NE M’EN VEUT PAS ! Elle ne me prend pas pour un abruti ! Au contraire, le fait de n’avoir pas que pensé à lui faire l’amour l’a conforté dans ses sentiments à mon égard ! Sans compter que mon acte « chevaleresque » pour lui éviter de se faire prendre me vaut non seulement son admiration, mais aussi celle de ses copines. Et mes potes sont morts de jalousie !

En plus, je dois affronter la gloire d’avoir été à « la Ferme »… Je suis un voyou, un dur… Comprends-tu, cher journal, pourquoi j’ai parfois de la peine à m’entendre avec mes compagnons ? Toujours ce concours de celui « qui a la plus grosse »… Pfff.

Là où j’ai moins ri, c’est quand j’ai dû faire face à Sir Gonza’ghul et à sa déception. J’en ai presque mauvaise conscience. Je l’aime bien, et j’ai presque failli lui poser la question pour « la pièce », mais une attitude en lui m’a retenu de lui en parler. Peut-être une autre fois, mais son air suspicieux quand il m’a demandé ce que je faisais aux archives et son air sceptique face à mon mensonge ne m’y poussent pas.

Cette pièce… Je t’en ai parlé ce matin, cher journal. Je me suis longuement posé la question. Que peut-elle cacher… ? Et j’ai eu soudain une idée. Il s’agit de la bibliothèque où sont rangés les ouvrages interdits, qu’il s’agisse de ceux datant d’avant le cataclysme ou de ceux confisqués ensuite, car traitant de sujets risquant de mettre la survie de l’humanité en péril. Cela ne se fait pas sans concession de mettre toute une civilisation sub-terrestre dans les sous-sols de cette planète à la surface gâtée…

Te rends-tu comptes, ô mon cher journal, que rien que ces quelques lignes te feraient censurer et te classeraient dans cette bibliothèque secrète, alors que je serais condamné à quitter les Grottes et à devoir rejoindre l’Extérieur ? Aurais-je le courage de t’abandonner dans un couloir, signant du coup mon bannissement ? Oui, assurément… S’il n’y avait pas Shienn’Mirã…

D’ailleurs elle aimerait que je lui parle de ce que je cherchais l’autre jour. Je suis partagé entre le désir de lui expliquer mes suspicions quand à la pièce secrète et lui dire que j’avais cru voir quelque chose, mais qu’il n’en était rien, pour sa propre tranquillité. En effet, si une caverne est dissimulée là, il ne fera pas bon être de ceux qui la mettront au jour, et je ne veux pas lui attirer d’ennui.

Bon, il est l’heure de dormir. A demain, cher journal…


Aur’Pentadi de Avré 387 UC

J’ai pris des dispositions. J’ai parlé avec Shienn’Mirã et c’est elle qui m’a décidé. Je me demande toujours ce qu’elle peut bien autant apprécier en moi, mais je ne suis pas sot. Je profite de chaque moment passé avec elle comme si c’était le dernier. Mon premier amour… Mon seul amour. Est-ce que cela pourrait se terminer un jour ? Je prie que non. Je n’en aimerai jamais d’autre.

Demain, je provoquerai une bagarre. Dans ces cas là, les protagonistes sont toujours séparés et emmenés chez le proviseur. C’est à ce moment là, alors qu’il discutera avec ma « victime », que je tenterai le tout pour le tout.

Savoir ce que renferme cette pièce est ce qui importe, maintenant. J’ai perdu espoir de trouver un passage discret afin de m’y rendre en cachette. Me prouver qu’elle existe, quoi qu’il en coûte. De toute manière, à part « la Ferme » ou, au pire, le renvoi dans des classes de niveau F, je ne risque pas grand-chose…

Sais-tu, cher journal, ce qui me fait le plus peur ? Que le gars avec qui je vais me battre me fasse trop mal. Je me demande si, suivant la trempe que je vais me prendre, je ne serai pas tout bonnement incapable de me bouger pour trouver ce foutu passage. Suis-je lâche d’avoir ainsi peur de me bagarrer ? Suis-je courageux de tenter de percer le secret de cette pièce ? Suis-je tout simplement trop bête pour ne pas pouvoir cesser de me poser des questions et simplement profiter d’être le plus possible avec Shienn’Mirã ?

M’aimerait-elle si je ne n’étais pas moi-même ?

Et toi, cher journal… Que te raconterais-je, si j’étais comme les autres, à suivre les yeux fermés le courant du tumultueux torrent de la vie ?

A demain, mon cher journal, avec peut-être des réponses… Le meilleur de moi est en toi… Garde-le précieusement, mon cher journal…


Zen’Terdi de Avré 387 UC

Bonjour, Journal de Jhal’arl qui me manque…

Sept jours… Comme une semaine de « ceux-qui-vivaient- dehors », si j’ai bien tout lu et compris. Voici Sept jours que Jhal’arl a tenté son « coup »… Et depuis, nul ne l’a revu. Officiellement, il a été renvoyé dans les Antres des classes F. Et moi, Journal de Jhal’arl, je sais que c’est faux… Je sais que c’est à l’Extérieur qu’ils l’ont renvoyé.

J’ai fait ce qu’il m’a dit. Je suis venue vous récupérer, toi et les autres cahiers. Je vous ai sous ma garde, à présent. Et vous êtes tout ce qu’il me reste de lui. Je ne le reverrai pas, et je ne sais comment faire face…

« … Le meilleur de moi est en toi… Garde-le précieusement, mon cher journal… »

Cela a été sa dernière phrase… Donc en te gardant près de moi, c’est un peu de lui qu’il me reste…

Me permettras-tu, Journal de Jhal’arl, lorsque ma peine sera trop forte, de te serrer tendrement contre mon cœur ?


Shienn’Mirã, qui aimera toujours Jhal’arl


FIN
Par Sadra - Publié dans : Récits d'autres mondes
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Vendredi 3 novembre 2006

Harmonie éphémère, pâle et étincelante,

Ivresse du froid sur tes joues qui se teintent de pourpre,

Voûte céleste vêtue d’un azur immaculé,

Enlacés, nous laissons nos pas loin derrière nous,

Ravis de partager ce moment de chaleur…

Par Sadra - Publié dans : Rêveries
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Jeudi 19 octobre 2006

Tombée de haut, ballotté, puis au sol écrasée,

Elle s’enfonce, aspirées par les abysses si profonde,

Où elle s’éveille, enfermée dans cette coquille qu’elle fend…

 

Jeunes racines s’enfoncent dans le sol ensanglanté,

Pour essayer de s’ancrer au plus profond du monde

En s’écorchant contre les pierres imbibées de sang…

 

Afin qu’un jour un corps s’extirpe de l’obscurité,

Se laisse baigner de lumière et caresser par l’onde,

Tout en s’offrant au contact humide du printemps…

 

Puis lance ses amarres vers l’immensité azurée,

Se pare se milles atours pour cacher ses graines fécondes

Et se laisse bercer, assoupi sous les traits ardents…

 

Un jour, ses progénitures quittent son autorité,

Se séparent, à l’écoute de leurs âmes vagabondes,

Sans se douter qu’elles seront rattrapées par le temps…

 

Alors, rien n’arrivera à la consoler,

Son énergie la quitte et elle devient moribonde,

Ses parures inutiles palissent et partent aux vents…

 

Le froid et la solitude semblent s’éterniser,

Des branches aux racines, dans tous les alentours elle sonde,

Le temps passe, tout recommencera, c’est évident…

Par Sadra - Publié dans : Humeurs Noires
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Mardi 17 octobre 2006

Loin au nord de Ganareth, dans les terres froides et inhospitalières du Royaume d’Agnar, sinuant entre les collines escarpées et froides des Monts Gelés, l’elfe-noir, enroulé dans un lourd manteau sombre, cheminait péniblement, chaque pas s’enfonçant dans une neige qui lui arrivait aux genoux, en se protégeant la face de l’agression mordante du blizzard qui soufflait depuis trois Djay. Régulièrement, il s’arrêtait et semblait arracher un morceau de ses vêtements, puis en jetait un autre au sol. Quand on y regardait de plus près, on remarquait que ces tissus étaient imbibés de sang. Puis l’elfe sombre reprenait sa marche, sans jamais regarder derrière lui. Si la tempête de neige ralentissait ses pas, elle lui permettait au moins de voyager quand Sol était dans le ciel sans lui blesser les yeux. Ainsi, au lieu d’attendre qu’une dague glisse sur sa gorge endormie dans une caverne quelconque, il gardait son destin en main en pouvant progresser de jour. Car ses poursuivants ne lui feraient aucun cadeau.

A Vor’Pre’Nokt, alors que le blizzard semblait s’essouffler, il trouva enfin une cavité où il pourrait se reposer en toute sécurité. Quelques temps avant, il avait bien remarqué une grotte spacieuse et à l’abri, mais elle s’était révélée trop parfaite pour ne pas en profiter. Profitant de ce court répit, l’elfe-noir se reposa un Hor dans sa cachette de fortune. Il ne dormit pas vraiment, sans cesse tourmenté par les mêmes images, les même visages. Tantôt il s’agissait des ses innocentes victimes, dont le seul crime était d’appartenir à la race des elfes pâles, tantôt c’était ceux qu’il avait laissé derrière lui, les abandonnant à leur propre destinée, tandis que lui avait fui pour poursuivre ses propres chimères et ses pires cauchemars, afin de laver les fautes qu’il avait faites et de ne plus penser à eux. Des fois, il lui semblait que leurs voix lui parlaient… Ireth, TrolKabu et tous les autres… ainsi que Dae, sa chère Dae… Puis il se réveillait, les yeux pleins de larmes. Une présence, plus lointaine, le réconfortait alors. Une petite fille qui lui disait de se relever, d’avancer. L’elfe-noir s’éveilla complètement, s’essuya les yeux, regarda autour de lui et se leva en s’étirant, puis il enleva son manteau et, d’un fourreau caché dans son dos, sortit une longue lame à deux-mains et s’en alla silencieusement dans la nuit. Un étrange sourire était dessiné sur son visage et ses yeux étaient brillants de folie dans la nuit silencieuse. Dans le ciel, la moitié de lune sombre flottait, sous la constellation du Faucheur.

Dans la caverne, la petite troupe s’organisa rapidement pour se reposer au plus vite. Ils étaient sept. Un brave et un nain, apparemment deux combattants, se placèrent à l’entrée de la grotte pour un tour de garde, un elfe-des-bois, transi de froid, tenta d’allumer un feu avec des brindilles de bois mort ramassé au fil de leur traque, deux hauts-elfes, un mâle et une femelle, préparèrent un repas basique, tandis qu’un autre nain et une gnome rangeaient les sacs et vérifiaient les armes. Un dernier haut-elfe, quant à lui, s’était dirigé au fond de la caverne et semblait prier. Le haut-elfe mâle s’adressa à sa camarade. « Crois-tu que Rosen’Heb tiendra le coup ? Il me semble trop en colère pour garder des idées claires et chasser cette ordure en toute maîtrise de lui-même…
— Ne t’inquiète pas, nous n’avons qu’à le conduire face à lui, et il sera alors en mesure d‘appliquer la peine qu’encourt ce maudit cœur noir.
— Puisses-tu dire vrai, ma sœur. Mais je crains que la vengeance ne soit pas le meilleur des sentiments pour poursuivre cet assassin. Il est fou, dit-on… Et il n’a pas peur de mourir. Il frappe vite et fort, et ses lames filent comme la lumière !
— Et nous sommes sept, petit frère. »

Un silence lourd tomba dans la grotte. Ils mangèrent, toujours en silence, puis le brave et le nain regagnèrent leur poste, alors que les autres s’allongèrent et s’endormirent, exténués par la lente progression qu’ils subissaient depuis trois Djay dans cette région hostile. Ils n’abandonneraient pas, car ils avaient tous juré de tuer l’auteur des assassinats de dignitaires hauts-elfes, ou de ne pas revenir. Après un Hor, le brave et le nain, épuisés, réveillèrent le couple d’elfes à la peau pâle, qui prirent leur tour de garde, et s’endormirent aussitôt. La femelle scruta le ciel un instant et réprima une grimace. « Les cieux ne sont pas de notre côté ce Nokt… ». Puis un lourd silence se mit à régner, seulement troublé par les sifflements glaciaux du vent du nord.

Un cri de rage impuissante réveilla brutalement le groupe. Tout de suite, tous se dressèrent et se mirent en position de combat. Tous, sauf le couple de haut-elfe, dont les corps gisaient près de l’entrée de la grotte, tous deux égorgés, les tripes à l’air, libérées par un triangle de peau arraché à l’aide d’une dague. L’elfe pâle restant se tenait devant eux, les poing serrés. Alors que le reste du groupe s’approchait, l’air sembla changer de substance et se fit plus lourd. Tous, sauf le haut-elfe paladin, restèrent figés, sentant une transpiration aigre dégouliner de leurs pores tandis que les battements de leur cœur s’accéléraient. Lentement, ils se mirent à reculer vers le fond de la grotte. Le paladin dressa son bouclier devant lui et tendit son épée en l’air. « Je te tuerai ! Viens ici, lâche ! ».

« Mais je suis là » répondit une voix douce et calme. Aussitôt, le haut-elfe leva les yeux, juste à temps pour voir un elfe-noir lui tomber dessus. La longue lame s’enfonça dans la bouche du haut-elfe qui, lâchant son épée et son bouclier, se mit à gesticuler des bras. L’elfe au visage sombre recula de quelques pas et regarda le spectacle, amusé. Le paladin tomba à genoux et se mit à gargouiller. Lentement, l’elfe-noir s’approcha de lui et retira vivement sa lame, fit un mouvement en demi-cercle et trancha la tête de sa victime, qu’il ramassa et, grâce à ses longs cheveux blonds, attacha à sa ceinture. <<Celui-ci est pour moi, et non pour toi, Mon Faucheur ». Enfin, après s’être nettoyé les mains avec de la neige, qui devint pourpre entre ses doigts, il lança un regard haineux au fond de la grotte. Les quatre survivants, toujours sous l’effet du sort de peur, ne bougèrent pas. « Rentrez chez vous. Partez… Laissez-moi errer ici. Dites à vos maître que je ne sévirai plus, à moins que l’on m’y force… » Et, profitant de la durée du sort infligé, l’elfe-noir s’enfuit à toutes jambes. Une fois remis, les quatre membres restants du groupe récupérèrent les cadavres et prirent la direction de leurs terres verdoyantes, sûr qu’une expédition plus conséquente reviendrait traquer l’assassin noir. Un Djay, son corps serait pendu dans la cour du château du Duc, père des deux jeunes hauts-elfes offerts à Agnar et frère du troisième.



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Loin au nord de Ganareth, dans les terres froides et inhospitalières du Royaume d’Agnar, sinuant entre les collines escarpées et froides des Monts Gelés, l’elfe-noir, enroulé dans un lourd manteau sombre, chemine péniblement, chaque pas s’enfonçant dans une neige qui lui arrive aux genoux, en se protégeant la face de l’agression brûlante du soleil qui brille dans un ciel sans nuage. Avançant sans savoir où il va, il sait qu’il laisse à jamais toute civilisation derrière lui. Pour la première fois depuis des Centi, il éprouve des regrets. Pour ses victimes, pour Goetia, qu’il n’a jamais revue, pour Saphine, qu’il a tant fait souffrir, pour Iriel, qu’il n’a pas su protéger, pour TrolKabu, qu’il a trahi si souvent et qui lui est resté si fidèle, pour Ireth, qu’il n’a pu aider pendant son périple, pour Torwen, enfermé dans ses grottes pour cinq milles nouvelles années, pour les amis de la Confréries des Terres-Noires et des membres de ses guildes, qu’il n’aidera pas dans leur quête d’un nouveau monde, Dark, puissant et libre… Pour elle, Dae, qui lui avait enfin dit « oui », puis avait sombré dans un sommeil sans fin. L’elfe-noir s’arrête et lève le bras au ciel. « Tout cela est de ta faute, Manchot Unique ! Tant de morts, pour si peu de vies ! ». Puis il tombe à genou, ses mains sur son visage. « Il n’y aura pas de doux foyer au Royaume de Calder… jamais… ».

Soudain, des bruits de pas. Ils n’ont rien d’humanoïdes. Un grognement, pas très éloigné. Vivement, l’elfe-noir se redresse et dégaine sa lame. Là, à quelques centaines de mètres, son regard planté dans le sien, prêt à lui foncer dessus, un Juggernauth l’observe. Un frisson parcours l’échine de l’elfe à la peau sombre. Aussitôt, il fait demi-tour et se met à courir aussi vite que le lui permet la neige. Il fonce droit devant lui, les yeux fermés à cause de Sol, ne sachant quel obstacle se dressait devant lui. Le sol semble trembler sous ses pieds. Il le sent, le Juggernauth l’a pris en chasse. Un froid glaçant perce la peau de l’elfe de mille aiguilles. Un moment, il pense à se cacher, mais il se souvient que ces grosses bestioles voient les sources de chaleur et ne s’arrêtent que lorsqu’elles disparaissent.

Fuir ne sert à rien, à part à perdre des forces. L’elfe-noir s’arrête et se tourne face au Juggernauth, tend sa lame vers lui et se cale les pieds au sol, prêt au choc. « Ainsi, la Déesse Aveugle a décidé de se venger ? Enfin, après tous ces Yano, elle daigne me faire ravaler mon mépris d’elle ! ». Ses défenses tendues vers l’avant, le monstre issu de Daemonia charge. L’elfe-noir a juste le temps d’abattre sa lame vers la tête du monstre, et c’est le choc.

L’elfe-noir ouvre les yeux, péniblement. Du sang et des cheveux emmêlés lui masque la vue. Il a mal. Le Juggernauth gît devant lui, mort, allongé sur le côté. « Je t’ai eu ! Je n’en reviens pas ». Puis le visage de l’elfe se crispe. Une vive douleur lui parcourt le corps. Dans un vain effort, il tente de se dresser, mais le corps de la bestiole l’en empêche. En se tordant un peu, ce qui lui fait encore plus mal, il arrive à dégager les mèches de cheveux qui lui masquent la vue. Il voit alors pourquoi il ne peut se lever. Une défense du Juggernauth est planté dans son ventre, ressortant de l’autre côté. Un rire faible et dépité s’échappe de ses lèvres, ce qui a pour conséquence de le faire tousser et cracher du sang. « Cette mort va me faire souffrir, j’en ai bien peur… Et je ne sais même plus à quelle fontaine je vais ressusciter… Quel comble, pour moi qui meurt si souvent, ces derniers temps… ». La douleur augmente. Il tente de se dégager, sans parvenir à aucun résultat. Pour terminer, au prix de mille souffrance, il réussit à sortir sa dague. Il regarde la lame courte un instant puis, sans hésiter, se la plante dans le cœur.

Commence alors ce voyage qu’il a si souvent fait. Il sait qu’il devra à Agnar le prix de cette mort stupide, mais il a appris, depuis le temps, à ne plus le craindre. La colère de Shakaar est bien pire. Il emprunte le tunnel sombre, froid et silencieux et arrive devant ce qu’il appelle l’autel. Alors qu’il se prépare à sombrer dans le tunnel de lumière brûlante, pire expérience qu’il connaisse, il se sent soudain soulevé. Etrange. Lentement, il monte vers les cieux. Regardant devant lui, il voit Sol, plus grand qu’à l’ordinaire. Il a le réflexe de se mettre la main devant les yeux mais, à sa grande surprise, il constate que cette lumière ne lui brûle pas les yeux. Ravi, il regarde Sol en face, soudain remplit d’une confiance aveugle. A ses côtés, il ressent une présence. Ce qui paraît être un Juggernauth lui sourit, et l’elfe-noir lui rend ce sourire. Près d’eux, des entités viennent à leur rencontre et les accueillent, l’air ravi de les recevoir. Maam enlace l’elfe à la peau sombre et le prend par la main pour le guider. Au loin, des rires d’enfants heureux retentissent.

Alors que le Juggernauth s’en va dans une direction, l’elfe-noir, toujours accompagné par Maam, en prend une autre. Ils se font au revoir et se savent mutuellement pardonnés. A l’approche d’une grande ville à la beauté triste, l’entité des mammifères lâche la main de l’elfe et lui montre une grande place, où dix milles êtres équipés d’armures dorées et de magnifiques armes attendent de pouvoir monter sur un char gigantesque qui les attend près de l’esplanade. Parmi les troupes présentes, certains se retournent. Des braves, des elfes de toutes races, des nains, des hommes… Tous sourient au nouvel arrivant, qui leur rend leur sourire. Une silhouette sombre s’approche de lui. Sans hésitation, l’elfe sait qu’il s’agit de Morlach, mais il ne ressent aucune crainte. L’immortel l’observe un moment, puis il lui tend une armure dorée et une lame à deux-mains. « Sadra, sois le bienvenu parmi ceux qui ont compris le dessein de Gothar, parmi ceux qui ont quitté Ganareth et qui vont maintenant se battre en son nom, au delà des Voiles du Néant, pour qu’il regagne un Djay sa place… ». Et l’elfe-noir, sans un mot, prend ses affaires, s’équipe et va prendre place dans l’une des colonnes. A côté de lui, un haut-elfe lui sourit, et Sadra le lui rend.



FIN

Par Sadra - Publié dans : Sur les sentiers de Ganareth
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Lundi 16 octobre 2006

Le brigand


Larcin

Capacité à voler des objets de plus en plus gros, de plus en plus précieux ou de plus en plus chers...

Maquillage

Permet au brigand de se déguiser, de masquer son identité, voire même de se faire passer pour quelqu'un d'autre...

Brouillage

Permet de brouiller les pistes et les éventuels indices que le brigand pourrait laisser derrière lui...




Le recelleur


Camouflage

Baisse le niveau d'émission des objets marqués, ce qui réduit le périmètre où ils peuvent être repérés...

Détraçage

Permet d'ôter la marque magique d'un objet et d'en annuler la traçabilité. Soit cela réussi, soit cela loupe, soit, mais c'est rare, le recelleur rate complétement son détraçage et laisse à son tour une trace qui permettra à un limier de le démasquer...

Stocks

Augmente la capacité de stockage d'objets volés...




Le limier


Pistage

Permet de suivre un objet volé marqué, plus ou moins préciément...

Périmètre

Augmente le prérimètre où le limier "ressent" la marque magique des objets volés...

Nombres

Permet à un limier de ressentir de plus en plus de marques différentes en même temps...




L'enquêteur


Récolte de preuve

Sur les lieux d'un vol, peut, avec l'expérience et le temps, déterminer la race, la classe, l'alignement ou la faction d'un brigand...

Traque

Permet de suivre la piste d'un suspect...

Pysionomiste

Peut démasquer les brigands maquillés...




Base :

Nous partirons du principe que les objets peuvent être volés...

Il faut ensuite, comme pour les clercs et les prêtres ou les bardes et les ménestrels, distinguer les classes des métiers... Ainsi, ce qui suit ne concerne pas la classe du voleur, mais reflète un aspect axé social (SXp) de DnL...

Les possibilités qu'un objet puisse être volé dépendrait directement de la capacité du brigand à le faire (même si on peut également imaginer une compétence citoyenne "circonspection")

Tout objet pourrait être assuré. Il s'agit en fait d'une marque magique qui permet à certaines personnes de repérer ces marques de loin...

Le prix de l'assurance serait déterminé par sa qualité et son prix.

On peut envisager plusieurs niveaux d'assurance, en rapport à la durée de la traçabilité de l'objet et à la précision / fréquence des traces laissées par la marque magique.

Un limier ne peut garder un objet retrouvé. Il sera renvoyé à son possesseur, qui devra, s'il le désire, le réassurer.

Dès le moment où un objet marqué est volé, une durée de sa traçabilité sera lancée. Cette durée sera calculé en temps IG, en fonction des heures de présence du joueur qui porte (ou entrepose) l'objet.

 

Par Sadra - Publié dans : Sur les sentiers de Ganareth
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