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Soyez les bienvenus dans les mondes de Sadra !

Que vous soyez un voyageur égaré ou un ami, soyez le bienvenu dans ce coin de la toile virtuelle que je me suis aménagé...

En ce lieu, je vais publier régulièrement mes récits provenant de Ganareth, monde du MMORPG Dark and light, auquel je ne joue pas, mais dont le "background" m'a envoûté...

Je souhaite aussi vous faire partager les histoires qui sortent directement de ma tête et qui, je l'espère, vous transporteront pour un moment "ailleurs"...

Et pour finir, à terme, j'entends vous présenter ici les textes en rapports aux mondes que je souhaite faire vivre, que ce soit sous forme de livres, de jeu... ou tout simplement de pixels, ici même...

Au fait, n'hésitez pas à me laisser vos impressions, afin que grâce à elles je puisse m'améliorer...

 

Bonne lecture et bon voyage

Sadra

Jeudi 14 septembre 2006 4 14 09 2006 05:00

Type, caractéristique : Statue magique - Les Gargolas

Ne se reproduit pas

Ne se nourrit pas, mais doit souvent se recharger de mana

De la grandeur de la créature qui sert de modèle

 

Lieux de vie : Restent immobiles là où quand la lune dont ils dépendent disparaît à l’horizon.

 

Caractère : Conservent des réminiscences des réflexes et capacité de la créature dont ils sont tirés et des sculpteurs qui leur ont donnés vie. Et ils sont bien sûr très influencés par la matière dont on les a modelé. Les Gargolas sont également très inspirés par leur propriétaire, qui est celui qui possède l’exemplaire unique et miniaturisé de la statue. Faites en cristaux de lunes purs et déterminant l’alignement d’une Gargola, ces pierres sont très convoités et s’achètent très cher, ce qui motive nombre de voleur. Il suffit de porter la pierre sur soi, d’être à moins de cinq cents mètres de la Gargola et que la lune correspondante apparaisse pour que la statue s’anime et obéisse à son maître.
Voir aussi le métier oublié de "Sculpteur".

Armes : Usent des armes et sorts de leur modèle et sont capables, selon leur capacités, d’apprendre de un à cinq coups spéciaux propres à leur propriétaire.

 

Atouts : Elles peuvent être de différentes matière, rares et cher, que l’on trouve qu’en certains endroits de Ganareth. Il s’agit de l’Argile de la Colline Féconde, du Granit du Mont des Trépassés, de l’Onde du Lac des Souvenirs, du Sable de la Baie des Typhons, en Chêne du Bois tranquille, en Boue séchée de l’Etang de Tous les Maux, en Ether des landes de Lumière, en Lave solidifiée des Cavernes Ardentes ou encore en Glace de la Banquise aux Purs Frimas.
Par on ne sait quel miracle, une fois une Gargola terminée par son sculpteur elle devient indestructible.

 

Handicaps : Dépendent de la présence dans le ciel de leur « lune d’attache » et sont incapables de décisions si on ne leur a pas donnés d’ordre ou de consigne. De plus, chacune de leurs actions nécessite de la mana, et leur régénaration est assez lente, suivant la matière utilisée pour sa création.

 

Sous-produits : Jamais une stature a pu être détruite ou transformée une fois terminée. Par contre, il est possible de briser sa miniature en cristal de lune et d’ainsi transformer une Gargola en simple statue.
Il est à noter que si n’importe quelle créature de ganareth peut être le modèle d’une gargola, son sculpteur n’a une chance de réussir à l’animer que si, durant de longues Monad, il l’aura étudié, suivie et qu’il la connaisse sur le bout des doigts. Les artisans capables de telles prouesses sont très rares et recherchés et ne se ventent en général par de leur savoir faire.

 

Vulnérable à : Il existe quatre manières d’en finir, temporairement, avec une Gargola. La combattre jusqu’à ce qu’elle soit épuisée, l’occuper jusqu’à ce qu’elle n’ait plus de mana en elle, attendre que sa lune disparaisse à l’horizon ou prendre, par le vol ou le meurtre, sa miniature en cristal du lune à son propriétaire.

Par Sadra - Publié dans : Créatures de Ganareth
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Mercredi 13 septembre 2006 3 13 09 2006 05:00

Dans le lit d'une rivière privée d'eau,
Dans les bas fonds d'un sordide ghetto,
Sur une mer agitée par les flots,
Ou plus simplement dans sa propre peau…

Rien… Juste rien…
Un petit rien, pour juste rien…
Nous ne sommes rien…

Crever de soif à côté d'un barrage,
Mourir étouffé de sa propre rage,
Se noyer dans l'espoir de prendre le large,
Ou juste être seul et devenir barge...

Rien… Juste rien…
Un petit rien, pour juste rien…

Ne rien dire,
Rien ressentir…
Ne rien faire,
Rien satisfaire…
Ne rien être,
Rien transparaître…
Rien avoir,
Pour rien devoir…

Rien… Juste rien…
Un petit rien, pour juste rien…

Dépérir entre deux supermarchés,
Etre condamné par « la loi du marché »,
Criblé de balles pour des idées volées,
Attendre la fin, déjà enterré…

Rien… Juste rien…
Un petit rien, pour juste rien…
Nous ne sommes rien…

Parmi les jeunes pousses d'un champs de coca,
Entre les mains de cupides avocats,
Dans les rangs d'une milice armée d'AK,
Ou sous les bombes qui tonnent avec fracas…

Juste rien…


Par Sadra - Publié dans : Humeurs Noires
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Mardi 12 septembre 2006 2 12 09 2006 05:00

(588 – 1997)

(Trouvé, traduit et reproduit pour le compte de l’institut « Histoires Vraies de Ganareth » par Kyorl Del Zhaunil)

 


Aurdjay Katt’Mid’Calomer, Yano 613

Bien que j’eus nettement préféré les vents secs et le sable chaud du Royaume des Déserts, ma mutation comme médecin périodeute dans le Royaume où les maladies, les allergies et toutes sortes de vermines semblaient se plaire le mieux était tombée au bon moment. En y réfléchissant bien, le Royaume des Marais serait le bon endroit pour oublier tout mes problème et cesser mes sales habitudes. En effet, les nuits agitées avec mes compagnons de fortune dans les tavernes à battre des records de descente de Sirop de Badiane « secs », c'est-à-dire sans eau, ce qui nous vaut les foudre de ces petits êtres visqueux et cupides que sont les Gnomes, et mes problèmes d’honoraires que ce maudit magistrat refuse de me payer ont quelque peu ruiné ma réputation dans ce Royaume où dans chaque direction l’on ne voit que le plus inutile et mauvais liquide de tout Ganareth : l’eau.


Ayant fait mes bagages en toutes hâtes, je pris le transport en chariot jusqu’à la clairière aux montgolfières, où je fus tenté de m’embarquer vers les terres désertiques des Orcs, là où, dit-on, il suffit de presser les cactus pour en tirer un alcool remarquable, qui un jour sera répandu à travers tout Ganareth, ce qui ne saurait tarder tant les réseaux routiers, les pistes de caravanes et les divers moyens de transport inventés et construits par mes congénères s’étendront bientôt dans chaque plaine, sur chaque versant de montagnes, dans tous les bois et à travers toutes les étendues désertique de notre monde. Quelle époque nous vivons ! Nous atteignons un degré de civilisation encore jamais atteint, et rien ne semble pouvoir arrêter la marche en avant du progrès et de l’inventivité…


Laissant derrière moi mes problème et la petite ville où je viens de passer les cinq Yano suivant la fin de mes études en médecine, je m’envole vers une terre où les maladies et les poisons sont aussi fréquents que l’est l’eau dans le Royaume que je quitte. Je n’ai prévenu personne de mon départ, ni mes amis, et surtout pas mes créanciers, qui parfois sont les mêmes. Une nouvelle vie s’offre à moi… Je vais tout faire pour saisir cette chance qui m’est offerte et devenir quelqu’un de bien. Au moins, là-bas, il n’y aura plus ce si subtile mélange d’amer et de douceur sucrée qu’est le sirop de Badiane… Et là, sur ce ballon volant je ne sais comment, haut dans le ciel pâle du Royaume inondé, je jurai, ma plume à la main, de ne plus jamais toucher à cette boisson, seule chose que les Gnomes ont su faire de bien…


Ainsi quittai-je les terres des petits Gnomes pour rejoindre celles des immenses Trolls…

Hurdjay Enn’Vor’Pring, Yano 666

Ce Marn, je me suis réveillé avec un mal de tête horrible, signe que je devais être dans un état à peu près sobre, ce qui était rare. Evitant d’ouvrir les yeux, je cherchai une bouteille d’Eau-de-Styx à tâtons, en renversant deux ou trois de vides avant d’en saisir une qui semblait avoir encore un peu de contenu. Je m’assis sur le bord du lit, tournant le dos à Grâtzella, dont la vue, malgré tout l’amour que j’avais pour elle, me révulsait encore si je la regardais sans avoir dans le sang une forte dose de cet alcool fort et si bon que fabriquent les Trolls avec leur bambous de Styx. Je levai la bouteille à hauteur des yeux et contemplai le Gober qui flottait à l’intérieur et que j’enviais tant. Puis j’engloutis le goulot dans ma bouche et terminai d’une traite ce qu’il restait de liquide. Fort comme au premier Djay, il ne fallu qu’un court instant pour ressentir la chaleur salvatrice de cette boisson se répandre dans mon corps malingre. Une fois que mon mal de tête diminua et que mes mains cessèrent de trembler, je me levai, en douceur, afin de laisser mon épouse dormir encore un peu.


Cinquante-trois Yano que j’étais arrivé ici. Quel choc cela avait été. Cette humidité, cette puanteur, ces moustiques et partout l’impression que la déesse la plus dépravée du Panthéon nous observait, voyeuse vicieuse et cruelle, mais tellement sage. Comme les Trolls, qui, il faut bien l’avouer, s’ils ne sont pas les êtres les plus intelligents, sont dotés d’un pragmatisme et d’un bon sens à toute épreuves. Point trop de réflexions, chez ces êtres massifs et parfois brutaux, mais un don à agir de manière juste et appropriée en toute circonstance, d’instinct, preuve s’il en faut qu’il est nécessaire de ne pas s’arrêter au physique d’un être pour le trouver exceptionnel…


Je me traînai jusqu’à la cuisine, et c’est là que TrolHenka me tomba dessus, avec sa délicatesse et sa douceur habituelle. J’ai pourtant expliqué mille fois à mon fils de ne pas m’agresser tant que Solno n’a pas débuté, mais je dois admettre que ce jour là, ce qu’il avait à me dire en valait la peine. Enfin une explication plausible sur la disparition de l’une de nos caravanes d’Eau-de-Styx que nous exportons, ma belle-famille et moi, en dehors de mes tournées de médecine, bien entendu. D’après un Orc arrivé au village dans la Nokt, il semblerait qu’une terrible guerre ait éclatée entre les Morgans et les Kells il y’a de cela cinq Djay. Il paraît que les pertes sont énormes autant d’un côté que de l’autre. Terrible nouvelle s’il en est, même si les tensions et dérives cléricales de ces dernières Yano laissaient présager le pire. Quel pertes pour Ganareth ! Deux des royaumes les plus civilisés et culturels transformés en champs de batailles… La nouvelle de l’Orc a plongé le village dans une espèce d’état d’hébétude et les Trolls semblaient vaquer à leur occupation dans une espèce d’état second.


Une bouteille d’Eau-de-Styx plus tard, TrolHenka vint me confier qu’il voulait aller voir de lui-même de quoi il retournait, car nous ne pouvions nous permettre de perdre cette caravane, la plus importante de la Sezone. Vu nos finances, je ne pus refuser, et je fus soulagé quand je sus que Grand-Père, le père de mon épouse, ferait accompagner notre fils de cinq de ses cousins les plus costauds. Une telle troupe ne risquait rien. Normalement. Bien sûr, dans la fougue de la jeunesse, il partit de suite en me demandant d’expliquer la situation à sa mère. Facile. Pour lui. Car la disparition de son fils, surtout sans dire au revoir, provoque toujours des réactions ma foi assez effrayantes chez les mamans Troll.


J’espérai donc qu’elle serait dans de bonne dispositions à son réveil…Et j’entamai une nouvelle bouteille d’Eau-de-Styx, soulagé de savoir que la guerre, grâce à la sagesse et au courage des Trolls, ne franchirait jamais les frontières du Royaume des Marais.

Djaygot Enn’Mid’Pring, Yano 666

Une Monad ! Il m’aura fallu un peu plus d’une Monad pour pouvoir tenir ma plume sans trop trembler et être capable de tracer des lettres à peu près convenables. Tant d’événements, tant de catastrophes, en si peu de temps auront mis notre civilisation fleurissante à genou, et mon instinct me dit que nous ne nous en relèverons pas de sitôt. Par quoi commencer… Par quel drame ? Tout d’abord, depuis le départ de notre fils, ma douce Grâtzella qui ne s’est jamais réveillée. Nul remède, nulle magie et nulle prière ne l’ont réveillée. Et depuis, chaque troll s’étant endormi n’a pu être réveillé.


En ce Morn de Curdjay Enn’Vor’Pring, une étrange brume nous accueillit au lever du lit. Il faisait lourd et l’air semblait comme vibrer. Je ne sais pourquoi, je pensai tout de suite à cet étrange lac où, disait-on, Notre Père à tous avait noyé sa Petite-Fille sous les yeux horrifiés de sa Mère, la déesse adorée de ce Royaume. Empruntant un dodo à un Troll endormi, je m’y rendis le plus rapidement possible. Arrivé sur place, la brume semblait devenir de plus en plus verdâtre à mesure qu’elle sortait du Lac aux Eaux Sombres. Malgré les légendes courant à son sujet, nul monstre ne m’attaqua. Mais soudain, alors que j’approchais de la rive, je La vis, Elle, si magnifique, à la peau si blanche, au membres si gracieux, à la beauté si incomparable ! Tout de suite, je baissai les yeux et m’agenouillai devant sa grâce. Elle me jeta un regard froid et méprisant qui me transperça la peau et les os, me glaça le sang et me pétrifia sur place. Malgré cela, je lui aurais donné sans hésiter mon âme et mon esprit en gage de mon amour pour elle, qui, je le sentais, me consumait déjà malgré les frissons de terreur qu’elle m’inspirait, reniant du coup ma foi et mon admiration pour le Dieu des Dieux, tant la beauté et la grâce de celle que certains esprits impurs osaient appeler la Catin du Whahl m’envoûtèrent. Elle sourit. Cela pouvait autant être de l’amusement que la plus noire de menaces et je me tassai encore plus, ressentant une crainte que je n’avais jamais ressentie.

- Tu as mis longtemps pour arriver, humain... Sache d’abord que je ne désire ni ton esprit, ni ton âme, mais simplement ta parole et ton obéissance.

J’étais sous le choc. Malecta, s’adressant à moi, misérable humain… Ce qu’elle me demanda, je lui jurais de le faire de mon mieux. De toute manière, je l’aurais fait tout de même. Je devais m’occuper des Trolls, tenter de les guérir, de les éveiller, et, le cas échéant, trouver des aides et tous les amener dans le temple érigé en l’honneur de la Déesse de la Sagesse et des Maladies, dans la célèbre Styxande. Une fois ses ordres donnés, elle me congédia, puis, alors que je reculais, elle m’intima un dernier ordre : cesser de boire…


C’est sur le chemin du retour que je fus témoin de ce qui changea le monde à jamais. Mid’Prenokt était à peine entamé quand une lumière sembla grandir dans le ciel. Et là, sous mes yeux éblouis et incrédules, je vis une énorme boule de feu percuter de plein fouet l’astre de la Nokt. Aussitôt, un nuage de débris prit forme et s’étala dans le ciel en feu. Mes yeux blessés et les restes d’alcool qui traînaient encore dans mon corps me firent alors avoir la vision la plus étrange de ma vie. En effet, il m’a semblé apercevoir une bête, créature immense et effrayante, commencer à descendre et à rejoindre notre terre, se déplaçant d’amas de débris en amas de débris, tel un Lutin dans un escalier de Troll. Mais je n’eus pas même le temps de me frotter les yeux que des rochers commencèrent à tomber partout autour de moi. Profitant d’une déformation du terrain, je me mis à l’abri de cette pluie de pierres et de feu, qui dura jusqu’au Marn.


A mon réveil, je me sentais abattu. J’avais une impression de fin du monde, comme si les dieux eux-mêmes étaient partis. C’était ridicule, mais comment Gothar avait-il pu laisser faire cela ? Ou alors, nous impose-t-il une épreuve ? Peut-être l’avons-nous déçu ? Nul ne le sait, à part Celui qui a le Pouvoir sur toutes choses et tout être…De retour au village, je ne pus que constater les dégâts. Mais à quoi bon réparer quoi que ce soit, puisqu’il n’y avait là plus personne pour y vivre. Alors, à l’aide de quelques autres humains et de demis-elfes, nous entreprîmes de transporter tous les Trolls dans le temple de Malecta. Tous les Djay, j’espérais la voir revenir, comme elle me l’avait promis, mais au lieu de cela, la rumeur qu’elle avait quitté Ganareth et, qu’à sa place, un monstre ranimant les morts errait dans les marais, commença à courir parmi les survivants, tous de sang humain, du Royaume des Marais …


Je n’étais pas le seul à devoir arrêter l’Eau-de-Styx…

Moldjay Dess’Nar’Hotomn, Yano 1’188

En ce Vor’Nokt de l’anniversaire de mes 6 Centi, âge vénérable qu'aucun humain n'a jamais atteint ni même approché, je ne peux que ressentir un vide encore plus grand en mon être que toutes ces dernières Yano. Tout me ramenait à elle, du jour de ma naissance, un Moldjay de la Dess’Dekad de la Monad, célébré comme le Djay des Malades, au nombre de Yano que j’étais censé fêté, qui est Son chiffre, sans oublier le Royaume où je vivais, pour finir par la tragédie de son peuple en léthargie, tous allongés dans le silence glacial de Son Temple de Styxande. Bref, depuis le Terrible Djay, la plus voluptueuse des déesse n’était toujours pas revenue, enfermée au Wahl par Son Père, selon les dires des trop rares et peu sûrs voyageurs qui avaient osé franchir nos frontière et pénétrés en notre Royaume, maintenant gardé par Nthuma, la Nouvelle Gardienne des Marais, qui à l’aide de ses morts-vivants surveillait sans répit les Terres que l’Unique lui confia. Nous n’avions également plus aucune nouvelle de Arkorak, Alzéria, Oshyir, Jezeraël, Skaarelius, Circéliane, Shakaar et surtout Nékrésis, les Êtres Sacrés, appelés aussi les Immortels, qui aimaient jadis parcourir les marais du Royaume afin de canaliser la mana, faisant briller le monde et resplendir le si lointain Wahl à travers tout Ganareth.


Mais tout cela faisait partie d’une ère révolue pour toujours. Nul Âge d’Or ne fleurirait plus sur ce monde. Au loin, les cris de douleur des victimes du joug des Dragons résonnaient jusqu’à mes oreilles, tout comme les hurlements de victoire de ces créatures nées de la Brume Noire, qui recouvrit Pyros et la réduisit en cendres au bout d’un peu plus de 3 Centi d’occupation par la Bête venue de la Lune, que les Orcs, tombés sous son emprise, appelaient Dragoon.


Malgré tout cela, malgré la peine de tous les Djay voire mon amour endormie, même je n’avait aucune nouvelle de mon fils, malgré la fatigue et la peur qui me rongeait et, surtout, malgré les importants stocks, j’avais tenu ma promesse. Depuis ma rencontre avec Malecta, je n’avais plus jamais touché à une seule goûte d’Eau-de-Styx… Mais ce Marn, quand ce voyageur est arrivé, j’ai bien failli craquer. Je suis allé chercher un bouteille, je l’ai ouverte, j’en ai servi deux verre et… Et je l’ai laissé trinquer seul. Pauvre voyageur que ce Demi Orc en peine. Il dit s’appeler Krûhg et provenir du Royaume désert des Désert, ce qui voulait tout dire. Il se disait de la race des Nov’orcs, ne voulant pas du terme « demi », qu’il jugeait trop inapproprié suite à la trahison des Orcs et à leur basse servitude envers les Dragons. Les nouvelles qu’il apportait étaient terribles. Non seulement tout le huitième Royaume était ravagé et occupé par Dragoon et ses Légions, mais voilà que j’apprenais que cela faisait 44 Yano que le Royaume des Glaces était tombé à son tour, Daemonia, créature issue de la Déesse Aesir, ayant été défaite par un puissant Dragon de lumière appelé Lucinrhog, qui crachait un mortel souffle glacial.


Malgré cela, je ne bûs pas. Boire ne servirait à rien. Pas plus que de se battre. Si même la volontaire Aesir était vaincue, qui résisterait ? Il nous suffisait d’attendre que les Dragons arrivent et nous asservissent. Tel était notre destin. Je m’excusai auprès de Krûhg et m’en allai au Temple afin de prier Malecta et son entité Nthuma. Le Nov’orc me rejoignit peu après et me demanda s’il pouvait rester à Styande afin de m’aider à porter assistance aux Trolls. Quand je lui demandai pourquoi, ses yeux se voilèrent. Il voulait accomplir ce qu’il n’avait pu réaliser quand les Orcs avaient faibli. Il voulait sauver les Trolls et les réveiller pour qu’ils puissent, ensemble, aller combattre l’Envahisseur venu de la Lune Brisée.

Aoldjay Enn’Vor’Winiver, Yano 1702

Deux Yano et deux Sezone que Krûhg m’avait sauvé la vie et qu’il m’avait emmené dans ce Royaume de cauchemars. En fait de Royaume, il s’agit plutôt d’une poche de résistance où l’on ne sait jamais si les lianes qui pendent des arbres ne vont pas s’enrouler autour de votre cou et vous soulever du sol avant de vous étrangler ou si des racines ne vont pas s’accrocher à vos chevilles pour tenter de les arracher ou les empoisonner. Les Elfes, pas ceux qui durent fuir ou qui ont été chassés il y’a un peu plus de deux Centi, ni ceux qui sont imbus de pouvoir et croient protéger efficacement les races encore libre, mais ceux qui sont restés eux-mêmes, de vrais Elfes respectueux du Cycle de l’existence, qui alterne mort et vie, de la nature, qui est notre nourrice, ainsi que des Savoirs du Passé et de la valeur des voyages, sans lesquels tout progrès est condamné.. Bref, les Elfes appellent cela les Plaies de Coccifera, sévices infligés par les émanation de mal que les Dragons et leur Maître ont fait subir aux Orcs déchus et qui, à leur tour et à force de tenter de conquérir ces bois, ont finis par corrompre les nouvelles pousses semées par l’Entité. Mais les arbres eux-mêmes, pourtant innocents, me poussent à me rappeler… encore et encore…


Ce que je fais là ? Je serais mort, si mon ami Nov’Orc ne m’avait pas traîné derrière lui afin de fuir le Royaume de Malecta alors que je le suppliais de me tuer. Je me souviens avec peine de ce Djay où je perdis définitivement mon épouse et mon bras, celui qui écrivait. Tout s’est passé en un Morn comme les autres où les Trolls se réveillèrent. Sautant de joie, j’allai de suite à la rencontre de Grâtzella, que je croyais enfin sauve. Las, c’est d’un geste brusque qu’elle m’envoya valdinguer contre un pilier, ce qui eût pour effet de me briser le coude. Faisant fi de ma douleur, je constatai alors que tous se levaient et allaient dans la même direction. Je les suivis, n’écoutant pas les avis des rares camarades qui résidaient encore à Styxande à ce moment-là. Les Dragons attaquaient. Le spectacle que je vis alors ne fût dépassée que par le massacre qui suivit, et l’horrible défaite. En effet, marchant aux côtés des morts-vivants de Nthuma, les Trolls avançaient contre les Légions maudites. Les forces du Royaume des Marais étaient en ce Djay bien supérieures en nombre. Mais alors que commençait le combat, je vis les Trolls se retourner contre leurs précieux alliés. J’étais horrifiés et je criais. L’enfant qui fût plongé dans les eaux froides et lugubres du Lac aux Eaux Sombres aurait-il trahi sa propre mère en livrant les Trolls en offrandes au Maître Dragon ? Peu importe, tout ce que je sais c’est que je vis des morts-vivants aspirer l’âme de mon épouse et laisser s’écraser sont corps au sol. Je crus devenir fou et je me préparai à courir au milieu de la bataille, mais c’est à ce moment là que mon désormais meilleur ami me souleva et m’emporta sur son épaule, comme un simple sac de céréales, sous le flux ininterrompu de mes insultes.


Du voyage, je n’ai gardé que de vagues souvenirs, dont celui de la rencontre de Nains qui disaient se rendre dans le Royaume des Déserts afin de combattre avec la Coalition, ou l’Union, je ne me rappelle plus du terme exact, car leur Royaume, celui des Montagnes, avait également été conquis. Nous continuâmes donc notre route vers les rares lieux sûr des Forêts de Neutra, où des elfes, qui tentaient encore de résister aux assauts quotidien des Dragons, des Orcs et des… Trolls… (par Gothar, la souffrance d’écrire cela est aussi vive que celle d’avoir perdu un bras et d’avoir eu à réapprendre à écrire), acceptèrent de nous héberger, pour peu que Krûhg combatte et que je les soigne. La vie était dure, mais supportable. Heureusement que ces Elfes savaient faire le T’hey, et que Malecta ne doute pas de ma parole, car il s’agit d’une boisson sans alcool, à base de feuilles pilées qui calme l'esprit et donne l’impression de faire partie de la Forêt.


Au fil du temps, je me faisait presque à ces bois, mais la Nokt passée, mon compagnon de route, à qui je n’avais pas encore tout à fait pardonné de m’avoir sauvé la vie, vint me parler et me convainquit de rejoindre le Royaume de Zephyr, où le Souffle Divin alimentait jadis les bouches de son Temple de Velladria, la cité aux quarante-neuf tours, où les fondations de la cinquantième, celle du clan des Nov’Orcs, attendaient toujours qu’on y érige l’héritage de la demeure de leurs mémoires. On disait que dans les immenses déserts, cachés sous les nuées des avatars d’Elytra, qui cachaient même le soleil, un groupement d’Humains, d’Elfes et de Nains s’unissait pour combattre la Bête et ses troupes.


J’acceptai, mais lui demandai encore un peu de temps pour me préparer… Jusqu’à ce qu’il précise que cet endroit ne tiendrait plus une Dekad avant de tomber face à l’ennemi.

Nordjay Dess’Nar’Winiver, Yano 1997

Dans deux Yano, nous allons changer de Milleni, y arriverons-nous ? J’en doute. Dans deux Dekad et demie avant que le Cycle de la vie ne recommence et que Pring ne revienne, et les chances que nous puissions fêter ce Djay de la Nouvelle Yano sont minces, très minces. La vie me pèse de toute façon et ce que je croyais être un cadeau de Malecta s'est peu à peu transformé en fardeau, me laissant seul témoin de la mort des êtres qui me sont chers, chroniqueur d'une défaite annoncée ...


En effet, nos espoirs de survie s’amenuisent depuis ce maudit Nordjay Dess’Mid’Pring 1995 qui vit les Orcs déchus attaquer le Royaume de leur propre Père. Depuis, au prix de nombreuses et précieuses vies, l’Alliance tente de résister au fléau que sont les Dragons et leurs troupes fanatiques et surentraînées. L’espoir de les repousser et de regagner le terrain perdu est faible, voire même impensable. Depuis trois Djay, ils sont à nos portes et les combats durent de Marn à la Nokt. Cris, hurlements et grands fracas ne cessent de résonner à travers tout le petit camp fortifié dans lequel nous nous trouvons. Je tente de les soigner tous, mais je vais devoir me résigner à ne guérir que ceux qui pourront retourner se battre, ainsi que l’exige mon instinct de survie. Suis-je cruel ? Froid ? Insensible ?


Notre arrivée ici m’a apporté un réconfort que je croyais perdu à jamais. En effet, parmi les combattants de l’Alliance, j’ai retrouvé mon fils TrolHenka. Son périple, depuis son départ de nos marais, n’a été qu’un chemin de sang, de peine et de combat. Mais il a survécu et a à maintes reprises prouvé sa valeur au combat ainsi que sa tranquillité et sa sagesse face au danger. Je suis tellement fier de lui, de ce qu’il est devenu.


Quand à Krûhg, je lui ai pardonné depuis longtemps de m’avoir sauvé la vie. C’est un ami dont je ne pourrai me passer. De plus, son entente avec TrolHenka et leurs raids Nokturnes sont paraît-il dignes des contes et des légendes...


On dit que le Royaume d’Hydra est tombé peu avant notre arrivée ici... J’espère que ces malfaisants Dragons et leurs sbires ne réduiront pas toutes les plantes de Badiane en cendres. Douce boisson qui m’est à jamais interdite. En ces temps troublés, ma main cherche d’elle-même à se tendre vers les nombreuses fioles de Cactool qui traînent un peu partout. Mais penser à boire me fait me rappeler ma promesse à Malecta… Si douce, si gracile… Mais où sont les dieux et les Immortels ? Pourquoi nous ont-ils abandonnés ?


Restera-t-il un être vivant pour défendre le Royaume des Prairies une fois l’Alliance vaincue dans les déserts ?

Aoldjay Dess’Nar’Winiver, Yano 1997

Morts... Tous morts... Ils nous sont littéralement passés par-dessus. Mon fils et Krûhg m’ont défendus au prix de leur vie, et ce sont leurs propres corps qui m’ont cachés lorsque les Orcs sont passés. C’est avec leur propre sang que j’écris ces lignes, les dernières… Il ne sert à rien de se battre... Tout espoir est perdu...


Une bouteille de Cactool traîne à quelques pas de moi, mais le corps de mon fils m’écrase et m’empêche de l’atteindre. Je vais réessayer encore… Mais il ne sert à rien de se battre… Tout espoir est perdu… Au loin, les cris de victoire des Dragons, des Orcs et de ces chers Trolls résonnent encore… Nous sommes en plein soleil, il doit être Midsol… Et j’ai froid... Ma main a atteint la bouteille et le geste familier revient, la débouchant d'un coup de pouce. J'ai porté le goulot à mes lèvres avec avidité, laissant le liquide m'envahir. Mais aucune chaleur n'a suivi, seul le froid de la mort m'étreignant doucement. En ces derniers instants qui sont miens, j'écris pour que d'autres sachent et se souviennent et parce qu'enfin je comprends le sens du don et de l'interdiction de la Catin...




FIN

Par Sadra - Publié dans : Sur les sentiers de Ganareth
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Lundi 11 septembre 2006 1 11 09 2006 05:00

(ou Laquais de Verkohf)

Type, caractéristique : Simiens évolués – Les Larbinos

Vivipare

Omnivore

Grand comme un brave, un Larbinos est costaud, voûté, velu et bourru. Toujours habillé de sa bure en lin rêche et usé, capuchon rabattu, on ne voit quasi rien de son anatomie, hormis ses griffes acérées dépassants de ses larges manches et, parfois, son regard, glacial et dissuasif, qui semble briller sous sa capuche. On les reconnaît également au lourd sac en cuir qu’ils portent en permanence sur le dos.

 

Lieux de vie : A l’état sauvage, l’on trouve des clans de Larbinos dans les endroits les plus inaccessibles, tels les hauts sommets du Royaume des Montagnes, les plaines gelées du Royaume des Glaces ou encore les pires fournaises du Royaume des Volcans.

Une fois domestiqués, ils suivront leur maître ou se tiendront ou celui-ci le leur ordonne. Pour plus de précisions, il suffit de consulter les carnets de Verkohf le marchand explorateur, qui fût célèbre en son temps pour ses comptes rendus sur la faune et la flore d'à peu près tous les Royaumes de Ganareth.

 

Caractère : Dans leur clan, les Larbinos vaquent à des occupations tel que des êtres évolués pourraient le faire : chasse, cueillette, construction de hutte, tandis que leur femelle s’occupent des petits.

Très difficile à dompter, une fois la confiance d’un Larbinos acquise, il sera fidèle à son maître, lui portant de lourdes charges pendant ses voyages, capable de le protéger lui et ses biens au péril de sa vie et, surtout, capable de se tenir dans une ville et de vendre les objets que son maître lui aura confiés, au prix que celui-ci aura fixé.

 

Armes : Ses griffes longues, acérées et redoutables et ses coups de boule sont les moyens de défenses d’un Larbinos. Il faut également se méfier de leur sarbacane, avec laquelle ils lancent des boules de leur poils, qui quand les Larbinos se sentent en danger, s'en arrachent une poignée, la machouillent et la projetent sur leurs ennemis, créanet des démangeaisons qui altère la précision et la défense de la cible. A noter qu’il ne sont guère agressifs et sont plutôt portés sur les techniques de défenses et de fuite.

 

Atouts : Ses principaux atouts sont leur fidélité et leur capacité de compter. En effet,jamais un Larbinos ne quittera son maître de son plein gré. De plus, grâce à leur langage rudimentaire et à leurs griffes, grâce auxquelles ils tracent des coches sur le sol pour indiquer les prix aux badauds, les Larbinos sont devenus les aides préférés des marchands, qu’ils soient itinérants, ou pour ceux qui restent dans leur atelier, confiants le fruit de leur travaux au Larbinos, qui s’occupera de les vendre selon les désires de l’artisan, ou il le souhaite, quand il le souhaite et dans la fourchette de prix qu’il souhaite. En voyage, les Larbinos sont également capables de la plus grande des discrétion. Pour peu que leur maître les y autorise, les Larbinos ont également la capacité de se faire accompagné par un animal dompté, qui s’occupera en général de sa protection, ou plutôt de ce qu’il transporte.

 

Handicaps : Buté, il n’ira jamais au-dessous ou au-dessus du prix fixé par son maître, lui faisant quelques fois perdre des Goths. La charge qu’il porte peut aussi parfois le ralentir.

 

Sous-produits : Des pièges sont fabriqués avec ses poils, provoquant démangeaisons et inattentions. Ils sont, en général, immédiatement suivis d'un autre piège, moins bien caché mais bien plus meurtrier. Ses griffes sont utiles pour la fabrication de gants de combat rapproché. Sa fourrure, résistante, sera transformée en cuir.

 

Vulnérable à : Les Larbinos craignent les attaque élémentaires de feu, car elles ont le pouvoir d’embraser leurs poils. Ils sont également peu résistants à certaines maladies. A noter qu’il ne pas conseillé de s’attaquer seul à un Labinos.

 

Par Sadra - Publié dans : Créatures de Ganareth
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Samedi 9 septembre 2006 6 09 09 2006 05:00

Au-delà du vent et de la pluie torrentielle,
Le halo pâle de la lune illumine le ciel,
Et éclaire d’une lumière diffuse sa silhouette,
Douce, gracile, et envoûtante, elle attend, discrète…

Ses cheveux noirs et humides lui collent au visage,
Au milieu duquel ses yeux brillent de mille présages,
Lèvres pincées, bras entrecroisés, elle patiente,
Immobile et sage, qu’ils soient prêts pour la tourmente…

La fraîche ondée semble se transformer en vapeur,
Lorsqu’elle touche enfin sa tendre et blanche peau tiède,
L’englobant d’une inquiétante aura mystérieuse…

Enfin ils semblent être prêts à la suivre sans peur,
La fille venue de loin pour apporter son aide,
Qui guide les âmes défuntes vers sa mère la Faucheuse…
 

 

 

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Dans un sujet des Songes du Crépuscule, l'exercice consiste à écrire quelques vers en s'inspirant d'un dessin... Ce que j'ai fait grâce à ce magnifique crayonné de Niitza... Elle a une petite galerie hébergée aux Songes... C'est pas là... et ça en vaut le coup d'oeil...

Par Sadra - Publié dans : Rêveries
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