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Soyez les bienvenus dans les mondes de Sadra !

Que vous soyez un voyageur égaré ou un ami, soyez le bienvenu dans ce coin de la toile virtuelle que je me suis aménagé...

En ce lieu, je vais publier régulièrement mes récits provenant de Ganareth, monde du MMORPG Dark and light, auquel je ne joue pas, mais dont le "background" m'a envoûté...

Je souhaite aussi vous faire partager les histoires qui sortent directement de ma tête et qui, je l'espère, vous transporteront pour un moment "ailleurs"...

Et pour finir, à terme, j'entends vous présenter ici les textes en rapports aux mondes que je souhaite faire vivre, que ce soit sous forme de livres, de jeu... ou tout simplement de pixels, ici même...

Au fait, n'hésitez pas à me laisser vos impressions, afin que grâce à elles je puisse m'améliorer...

 

Bonne lecture et bon voyage

Sadra

Jeudi 23 novembre 2006 4 23 /11 /2006 05:00

Magnifique photo trouvée sur le site de Eldariel...

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Réminiscences …
De tant d’existences vécues et revécues.
Prémonitions…
De mille fabuleux destins à découvrir.

 
Entre ce qui a été, ce qui est et ce qui ce sera,
Une ombre virevolte,
Compagne de mes évasions sécurisées,
Ta présence ne restera pas lettre morte…

 
Résurgences…
De sensations que l’on supposait perdues.
Exaltations…
De folles aventures qu’il nous tarde d’accomplir.

 
Entre ce qui aurait pu être et ce qui peut-être sera,
Une silhouette plane,
Compagne de mes solitudes accompagnées,
Ton absences me fermerait toutes ces portes…

 

Par Sadra - Publié dans : Rêveries
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Mardi 21 novembre 2006 2 21 /11 /2006 05:00
Encore une inspiration basée sur un dessin de Niitza, dont j'adore définitivement le trait...
 

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Toi que je cherche quand tu me supplies…
Toi qui m’appelle alors que je m’enfuis,

Ta beauté glaciale me pétrifie,
Ton contact froid me terrifie,

Peur, Ô Peur !

Je m’agrippe à toi du mieux que je peux,
Paralysé, je suis pris dans ton jeu…
Tes doigts glacés caressent mes cheveux,
Terrorisé, je n’ose fermer les yeux…

Peur, Ô Peur !

Toi qui me cherche alors que je te fuis,
Toi que j’appelle à corps et à cris,

Entre tes mains je remets ma vie,
Contre ton sein je me réfugie…
 
 
Par Sadra - Publié dans : Humeurs Noires
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Lundi 20 novembre 2006 1 20 /11 /2006 05:00
Cette fois-ci, je vous laisse découvrir la nouvelle faite pour le second AT des Songes du Crépuscule, qui était basé sur un dessin.

Bonne lecture...

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Tout ce qu’il reste de l’humanité se trouve là, devant mes yeux. Une partie du gouvernement mondial, des scientifiques de toutes disciplines, une grande partie des employés et des pilotes des missions spatiales, quelques artistes réputés et reconnus, ainsi qu’un grand nombre de nantis ayant eu les moyens de soudoyer quelques transporteurs. Ils sont tous là, entassés dans ce chaotique assemblage métallique de vaisseaux, de stations orbitales et de satellites récupérés à la va-vite et soudés à l’embryon de la « Nef Sidérale », qui avait initialement la mission de conduire les premiers colons humains vers d’autres mondes.


Heureusement pour les habitants de ce monde, ils n’auront pas eu le temps de terminer ce fabuleux projet, ce qui leur permet maintenant de s’y réfugier. En effet, en quelques jours, les glaces des pôles de la planète d’origine des humains ont fondu, inondant la quasi-totalité de leurs terres. Seuls quelques pics inhospitaliers demeurent dressés vers les cieux, tels de pathétiques tours, où quelques survivants s’agrippent encore, avec le vain espoir que des secours viennent de l’espace les secourir et les emmener.


De berceau, la Nef devient cercueil, survolant de tristes et impénétrables nuages gris, parsemés en permanence d’éclairs déchaînés, qui recouvrent tout ce qu’il reste de ce monde naguère si beau et vivant. Pendant ce temps, à l’intérieur du radeau de l’humanité, des voix s’élèvent, des querelles éclatent. « Attendre et redescendre », disent les uns. « Terminer la Nef et partir », rétorquent les autres. Mais quelle que soit la solution choisie, ils devront réguler la population de la Nef. Ils sont trop, et ils le savent.


Ainsi, pendant qu’à une extrémité de l’assemblage hétéroclite errant dans le ciel d’un monde perdu, une partie de la population tente de détacher les excroissances qui ne font pas partie de la Nef originelle afin de remettre en état le vaisseau colonisateur, sur l’autre bord, des gens rafistolent des capsules de sauvetages pour préparer un retour au sol, en prévision du moment où les eaux seront redescendues.


Vers le centre du complexe amas spatial, dernier refuge de l’humanité, des personnages influents siègent en permanence à des séances ayant pour but de convaincre la partie adverse du bien fondé de ses propres projets, rejetant en bloc tout argument de l’autre camp. A chaque échec, la tension monte d’un cran. La situation est tendue et le moindre faux-pas serait l’étincelle fatale qui mettrait le feu aux poudres.


Certains groupuscules organisent des commandos vers des parties clefs de la Nef, telle que les soutes d’approvisionnement, les réserves de barres d’énergie ou encore les salles d’outillages. Si, au début, ils ne faisaient que des raids pour prendre des caisses de nourriture ou de matériel, il devient de plus en plus certain que l’occupation d’endroit stratégique a été pensée dans les deux camps. Les couloirs vitaux serpentant entre les divers modules du vaisseau sont transformés en de véritables places fortes où patrouillent des gardes armés.


Aucun des partis ne fera la moindre concession. Il est maintenant évident que le conflit enfle et va gagner toutes les parties de la Nef. Quelques îlots de calme tentent de survivre dans ce tumulte, attendant de voir l’évolution de la situation, mais il devient de plus en plus difficile de rester neutre. Le chantage à l’énergie et à la nourriture se généralise, et les gens ne peuvent se sustenter que s’ils prêtent allégeance à l’un des camps. Je constate qu’il n’y a aucun manichéisme dans cette lutte. Tout part d’une simple divergence d’opinion, que l’on tâche d’abord de résoudre par le dialogue et qui, au fil des échecs des négociations, se meut peu à peu en un clivage irréversible, conduisant irrémédiablement vers une résolution du problème par la violence... « Rester et reconstruire » opposé à « partir et bâtir » conduit-il à « se battre et périr » ?


Cette nuit, un premier affrontement a eu lieu. Il n’a pas fait de victime, mais une des passerelles les plus importantes entre la base et le haut de la Nef a été détruite. Au moins, pour l’instant, cela réduit le nombre de points de conflits possibles. Mais d’un autre côté, chaque camp pourra renforcer les lieux de passages restants. D’ailleurs, les hommes de gardes ont maintenant ordre de tirer à vue, pour éviter tout acte de sabotage, de vol de matériel ou même afin d’empêcher des gens de gagner un bord ou l’autre. En effet, les réserves de nourriture vont en diminuant. Les systèmes de recyclages et les zones d’agriculture artificielle sont prévus pour un certain nombre de membres d’équipage et des milliers de passagers en veilles, qui ne consomment donc que très peu de calories. Avec la population actuelle de la Nef, une famine est inévitable. Combien de temps tiendront–ils une fois le conflit terminé ? Tout dépend de quel camp gagnera, car en l’état actuel, une entente semble désormais impossible...


Aux vues de l’évolution de la situation, je garde un œil attentif sur ma cible. Ce module ne risque pour l’instant rien, mais cela peut vite changer. Ce matin, alors qu’une sombre aurore se levait sur ce monde mort, cinq hommes sont décédés. Ils tentaient de voler un conteneur de nourriture. Leur plan était ingénieux, mais ils ont joué de malchance. Profitant de l’obscurité, ils ont enfilé des scaphandres et sont sortis, munis de propulseurs individuels et de grappins. Par l’extérieur de la Nef, remontant le long des tiges d’arrimage métalliques, ils ont atteint leur cible et y ont fixé leurs crochets. C’est alors qu’ils mettaient en marche leurs réacteurs, pour regagner leur bord, qu’ils ont été repérés par un homme qui se trouvait, par hasard, dans une coursive normalement déserte. Afin de profiter de la vue du soleil se levant sur la mer de nuages noirs, toujours illuminés d’éclairs, il s’était arrêté et avait regardé par l’un des rares hublots. Immédiatement, l’alarme a été donnée. Mitraillés par les lasers anti-météores, les cinq hommes sont morts sans même le savoir, déchiqueté sans bruit dans l’espace muet et froid. Le conteneur, lui, entraîné par la poussée des propulseurs, s’est mis à dériver et à s’éloigner de la Nef, tirant derrière lui les restes des premières victimes de la dernière guerre des hommes.


D’abord, la surprise, où les gens, pris au dépourvus, n’y croient pas. Ils restent dans un état de torpeur, incapables de réagir. Puis la tristesse, quand ils se mettent à pleurer et à crier, commençant à peine à se rendre compte du drame. Enfin, la colère, où le désir de vengeance prend le pas sur la résignation. Et dès ce moment-là, la situation dégénère. Des deux côtés, les hommes prennent les armes et se rendent aux frontières de leur monde restreint. La guerre civile commence, meurtrière, sauvage. Les uns se ruent à l’assaut des autres, ne faisant aucun quartier. Il est impossible de dire qui prendra l’avantage, mais il est certain que des siècles d’évolution viennent d’être balayés en quelques instants. Ma cible ne risque toujours rien, je la surveille et me demande à partir de quel instant je devrai considérer l’humanité comme définitivement perdue et remplir ma mission. Si j’agis trop tôt, je prends le risque de les priver de toute chance de survie et de nouveau départ, mais si je réagis trop tard, l’univers perdra un précieux trésor.


Dans la salle de commande de la Nef, une sanglante mutinerie a lieu. Aidés d’ingénieurs et de pilotes, ils vont tenter de mettre les moteurs prévus pour l’extraction du système solaire en marche. Nul besoin de couper les passerelles et arrimages greffés à la Nef Sidérale depuis l’exode ; ils seraient arrachés automatiquement lors de l’accélération. Une fois le vaisseau en partance, nul ne pourrait lui faire faire demi-tour. Ainsi, les adeptes du départ auraient gagné et n’auraient plus qu’à réduire la population jusqu’à atteindre le niveau tolérable pour le voyage, en exterminant, en premier lieu, ceux qui étaient contre leur idée.


Dès qu’ils s’en rendent comptent, ceux qui sont favorables à l’attente du retrait des eaux organisent rapidement une contre-attaque et envoient des troupes à l’assaut des quartiers de commandement. Mais pour cela, ils doivent se frayer un chemin à travers tout le vaisseau, dont une majorité de coursives qui sont aux mains de leurs opposants. Un vrai massacre. De ceux qui sont partis, aucun ne survit. C’est alors que l’un des hommes a l’idée qui va les conduire à leur perte et me force à agir. Concentrant toutes leurs forces, ils lancent une offensive sur la salle des machines, afin d’y saboter les moteurs et d’immobiliser la Nef pour la maintenir dans l’orbite planétaire.


Partout dans la Nef, des bruits de combats résonnent, du sang gicle, des blessés crient et des morts gisent… Des explosions ont lieu. Le chaos le plus total règne. Je ne sais pas si les gens qui s’affrontent savent qui est leur adversaire et s’il est vraiment un ennemi. Souplement, je me meus dans ce labyrinthe de métal, dernier refuge d’une humanité en danger. Bien entendu, aucun ne peut physiquement me regarder. Certains me sentent, d’autres m’entendent et il y en a même qui devinent mon ombre, mais aucun ne me voit. Les humains ont cette faiblesse de faire une confiance aveugle à leur cinq sens physiques, et ils omettent de se fier à leur intuition. Ils ne veulent voir que ce qui se trouve dans leur spectre optique, ne pouvant simplement comprendre, ou même appréhender, qu’il y a des choses qui ne vivent pas dans le même plan d’existence qu’eux...


C’est en pensant à ceci que je passe devant lui. Il est agenouillé, la tête posée dans ses bras, qui reposent eux-mêmes sur ses jambes recroquevillées. A mon passage, il se met à sangloter. « Ils sont fous ! Ils sont tous devenus dingues !!! ». Croyant qu’il s’adressait à moi, je m’arrête et le regarde. Il lève alors les yeux et regarde dans ma direction. Je trésaille. « Ils sont vivants ! Ils ont survécu et n’ont pas été dignes de tous ceux qui sont morts là-bas ! Ils conduisent la race humaine à sa perte, et ne s’en rendent pas compte ! ». L’homme m’avait ému, mais je n’avais pas de temps à perdre. Je continue ma route, passant à travers quelques êtres qui surveillent le module où je me rendais. Ils ne se rendent compte de rien. Une fois à l’intérieur, je prends tout ce dont j‘ai besoin, c'est-à-dire toute leur banque de données génétiques animales et végétales. Ce sera au moins cela de sauvé.


Alors que je quitte la Nef, où des incendies se déclarent un peu partout dans l’indifférence la plus totale, trop occupés qu’ils sont à s’entretuer, je repasse devant l’homme de tout à l’heure. « Ne ferez-vous rien pour nous ? Est-ce que l’humanité doit mourir ainsi, misérablement ? ». Un instant, je me demande s’il me voit. La pitié me submerge soudain. Je le regarde, puis j’hoche la tête, le prends dans mes bras et l’emmène avec moi.


Alors que je m’éloigne de la Nef, une flamboyante explosion illumine soudain les cieux et laisse retomber des traînées de fumées dans l’atmosphère de la planète, où la vie s’éteint petit à petit à cause des nuages qui ne lui permettent plus de respirer. S’ils avaient su, ils auraient tous choisi la même voie et seraient partis, mais ils ne pouvaient deviner… et je ne pouvais rien leur dire, condamnés qu’ils étaient à subir destin. Je me retourne et regarde l’homme. Il dort.


Je me suis posé sur un petit monde isolé, loin des grandes routes galactiques. L’homme ouvre les yeux et regarde autour de lui, surpris et apeuré. Je m’approche lentement, et il me regarde. Il a peur et ne comprend pas. Il était dans un vaisseau en ruine, et le voilà dans un monde aux prairies verdoyantes. « Qu’est-ce que je fais là », ne cesse-t-il de me demander. D’une voix douce, je m’adresse à cet être capable de me voir et lui demande son nom. « Adam, je m’appelle Adam… Mais par pitié, ne me faites pas de mal ! ».


Je me penche vers l’homme et lui murmure, en désignant ce qui l’entoure : « Adam, lève-toi. Tu as tout un monde à reconstruire ! ».


FIN



Par Sadra - Publié dans : Récits d'autres mondes
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Vendredi 17 novembre 2006 5 17 /11 /2006 05:00

Voici quelques vers inspirés par un étrange dessin fait par Eowyn, dont elle avait d'abord reçu des échos  négatif... Ben moi, il m'a inspiré... Oualà... Stou...

 

Et maintenant, le dessin est à ces vers ce que ces vers sont au dessin...

 

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Quelque part au cœur de la verte lande sans fin,
Là où les pas des grandes gens n’abîment rien,
S’étend le paisible Royaume du Petit Peuple.

Au pied de ce géant nommé le Mont de Fer,
Quelques douillettes chaumières aux toits de lumière
Abritent les sujets du Royaume du Petit Peuple.

Pour maintenir l’harmonie et la joie de vivre,
Se dresse vers le ciel le Grand Arbre aux Feuilles de Cuivre,
Gardien et symbole du Royaume du Petit Peuple.

Tant que tous les grands en ignorent le chemin…
Tant que sur les toits les éclats se réverbèrent…
Tant qu’à la saison morte le Grand arbre puisse survivre…
Bienheureux sera le Royaume du Petit Peuple !

 

Par Sadra - Publié dans : Rêveries
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Jeudi 16 novembre 2006 4 16 /11 /2006 08:01
Voici (enfin) la nouvelle que j'avais écrite pour l'AT de L'antre de la Louve. Le sujet était : "un ado découvre une pièce secrète".

Bonne lecture...

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Cre’Pentadi de Maré 387 UC

Je suis impressionné. Je commence mon septième cahier, alors que je ne suis que dans ma treizième année. Quand je suis allé le chercher au « guichet des fournitures », le préposé m’a regardé d’un drôle d’air. Il devait se dire que c’était du gâchis et que c’était du gaspillage de donner ainsi tout ce précieux papier à un gosse.

Heureusement, et j’espère, cher journal, que tu ne me compromettras pas avec ce que je vais écrire, que j’avais une autorisation de retrait, signée de ma main qui avait parfaitement imité celle de Sir Gonza’ghul. Pour cela, je risque le renvoi à l’Extérieur, au grand damne de mes parents, qui ont tout sacrifié pour que je suive une éducation de classe C, ce qui était statistiquement une éducation élevée, en comparaison de la plupart des enfants de notre Antre qui étaient au mieux élevés en niveau F.

Tout ce que je sais, c’est que dans ce monde fermé, sombre et obstrué, lire et écrire sont les seuls moyens de voir la lumière, de m’évader. Je me rends bien compte que les autres ne sont pas comme moi, que cette vie leur convient et qu’ils ne remettent rien en question. On me dit que c’est mon âge, que mes envies de révoltes passeront et que je finirai bien par « m’y faire »… MAIS JE NE LE VEUX PAS !!!

Souvent, je rêve que je sors… J’imagine, comme tu le sais, cher journal, des plans pour que l’on me condamne et m’exile à l’Extérieur… Mais je n’ose pas. Je n’en ai pas le cran. Grande gueule, mais pas de couilles, comme disent les grands. Ou alors mon cerveau m’en empêche… L’instinct de survie est le plus fort… Et il y a aussi « Elle »… Je ne t’en parle pas, cher journal, car je ne sais pas quoi dire à part que, quand je La vois, mes tripes se retournent, mon sexe se durcit et j’arrête de penser rationnellement. Un débile, voilà pour quoi je passe, quand au détour d’une galerie je la croise, toujours entourée de ses copines…

Sinon, dans le cadre des devoirs d’histoire, je vais m’atteler à un ouvrage sur les Temps Passés. Mais j’ai toujours cette impression que quand nous parlons de cette époque lointaine, on ne nous dit pas tout… Mais je prends ce qui vient et m’en réjouis, tant lire ces ouvrages sur « ceux-qui-vivaient-Dehors » m’enthousiasme…

A demain, cher journal…


Cre’Hexadi de Maré 387 UC

Oulà… J’ai l’esprit en compote… Ce livre dont je te parlais hier, cher journal, s’avère être une explication du complexe calendrier qu’utilisaient « ceux-qui-vivaient- dehors »… Leur vie devait être bien compliquée, à l’Extérieur, avant le Cataclysme.

Tout d’abord, il ne comptaient pas les années en UC, puisque cela signifie « Ultérieur au Cataclysme », mais par rapport à la naissance d’un gars important, quelques 2400 années CC, citérieur au Cataclysme.

Ensuite, pour nous, c’est simple… Nous avons trois semaines de dix jours par mois. Une semaine avec le préfixe « Aur’ », la seconde avec « Zen’ » et pour la dernière, on met « Cre’ »… Ainsi, cela donne par exemple Aur’Primidi pour le premier jour du mois, Zen’Hexadi pour le 16ème jour et Cre’Decadi pour le dernier jour.

Eux, ils avaient des semaines de sept jours, réparties aléatoirement dans des mois qui n’avaient pas trente jours fixes, comme les nôtres. Ainsi, il devaient numéroter les jours de 1 à 28, 30 ou 31… et même 29, pour leur mois de « février », tous les quatre ans. Cela leur faisait au total 52 semaines et quelques, pour 365 jours… Et 366 tous les quatre ans. Que de complications ! Il paraît que c’est parce qu’ils mélangeaient les données solaires, les mois, et lunaires, les semaines…

Pour leurs mois, ils ont quasi les même que les nôtres, sauf qu’ils ne finissent pas tous par « é »… Genre Mars, Juillet, Octobre, Novembre... Ca fait drôle à prononcer, par rapport à nos Maré, Julé, Octé ou Nové.

Par contre, ils ne connaissaient pas le mois « Festé », que nous rajoutons tous les quatre ans pour rajouter les 21 jours qui manquent pour atteindre l’année solaire parfaite… D’ailleurs, l’on pourrait abandonner ce mois, s’il n’était pas le moment des Fêtes, et compter l’année seulement sur 360 jours, puisque ici, nous ne le verrons jamais, ce mystérieux soleil…

J’en viens même, parfois, à me demander s’il existe On raconte qu’il passait dans le ciel, accordant au monde Extérieur douze heures de lumière, puis douze heures de nuit, où Lune, sa petite sœur, prenait le relais. Une question qui me tarabuste, aussi, est de savoir de quelle manière ils pouvaient éclairer l’obscurité, sans champignons… Car il est prouvé que les Illuchamps ne peuvent s’illuminer que dans les souterrains. L’air libre les fait mourir. Ils le savent… Comment, je ne sais pas, mais les scientifiques le savent… Et cela ne choque que moi que des savoirs comme ça sont mystérieusement entre nos mains… Les autres s’en fichent, comme toujours.

Et voilà, j’en suis à nouveau à me laisser aller. Sir Gonza’ghul me l’a pourtant dit. Je ne dois pas être tant torturé par le passé et il me faut cesser de poser des questions qui n’ont pas de réponses… Soit… Mais c’est dur. Et je me sens seul. A part toi, cher journal, je n’ai personne à qui parler de tout cela… Si je le faisais, je passerais encore pour un dingue… Pfff…

Bon… A part ça, demain, nous allons à la biblio… Je vais encore vouloir des livres qui me vaudront quelques regards sévères et de secs avertissements, mais je m’en fous… Je lirai ce que je veux…

A demain, cher journal…


Cre’Heptadi de Maré 387 UC

Ah ! La visite de hier fût très constructive !

Des livres, des recueils, des bouquins… et Elle… Ah ! Elle était là, avec sa classe, accompagnée de leur affreuse maîtresse, Dame Zorg’hah.

Mon cœur trésaille, mon âme chavire et j’ai l’impression de marcher dans une grotte où les Illuchamps se sont éteints… Elle s’appelle Shienn’Mirã… Elle a de longs cheveux noirs et sa peau est presque blanche… Qu’elle est belle !

Mais ai-je une quelconque chance, moi si maigre, dont les veines bleutées sont encore si visible sur ma peau encore rosâtre ? Quand est-ce que, ce qui fera de moi un homme, se mettra-il en marche ? Quand est-ce que je vais enfin me mettre à grandir ? Peut-être devrais-je plus sortir et aller m’exercer aux sports, avec les autres garçons de ma classe… Mais non. Je trouve tout ça si débile… Être le plus fort, le plus rapide, le plus agile… Quels ploucs ! Je tâche pour ma part d’être le plus intelligent. La seule chose qui me plaît quand je vais jouer avec eux, et de compter les points et siffler les fautes… Mais même là, ils critiquent mon intransigeance. Mais il y’a des règles, et il faut les respecter… ou ne pas se faire prendre. C’est ainsi, dans les Cavernes.

Bref… Sir Gonza’ghul nous a donc emmené là-bas dans un but précis. Tout d’abord, je dois dire que cette bibliothèque, placée dans la rotonde centrale, avec les autres bâtiments officiels du service de l’éducation, semble bien plus grande vue de l’extérieur. Une fois entré, ce fût pour moi un double bonheur.

Des livres à perte de vue… Et Shienn’Mirã juste devant mes yeux. J’ai failli tomber à la renverse. Tout ce que je voulais dans ma vie se trouvait soudain là, dans mon champ de vision. C’en était flippant. Mais le mieux reste à venir, mon cher journal !

Notre prof, donc, a décidé de nous faire réaliser un travail de groupe. D’entente avec la Troll des Prairies, telle que nous nommons Dame Zorg’hah, ils ont organisé cette visite et créer des couples devant travailler sur un sujet particulier pendant un mois, pour ensuite le présenter devant nos deux classes. Et là, encore une fois, la chance m’a effrontément sourie. Je fais équipe avec Elle… avec Shienn’Mirã.

La vie est belle, parfois, dans les couloirs humides et sombres de nos grottes…N’est-ce pas, mon cher journal ? Je vais me dépêcher d’aller dormir, pour rêver d’Elle…

A demain, cher journal…


Cre’Octodi de Maré 387 UC

Quelle galère, ce matin !!! La nuit passée, je me suis réveillé en sursaut. Y’en avait plein les draps ! La honte. En pleine nuit, j’ai donc évacué mes draps, incognito, dans la salle de lavage. J’en ai ensuite récupéré des propres et suis retourné dans ma cellule. J’ose croire que personne ne m’a vu. Si cette histoire venait à se savoir, ma vie sociale serait foutue. Irrémédiablement. Bon… Ce qui me console, c’est que ce rêve était le plus beau, le plus fort et le plus réaliste que j’ai jamais fait, et même si des bribes de ce songe s’en sont allées durant la journée, j’en garde précieusement les meilleurs morceaux dans un coin de mon esprit.

Après ces péripéties, je me suis mis à rêver de tout autre chose. Le plafond de la grotte était bleu et le sol vert. De la lumière provenait de partout, mais je ne voyait aucun Illuchamp. Etrange phénomène que je n’ai pas eu le temps d’observer, car des choses ont commencé à sortir du sol. Des espèces de tentacules vertes qui s’enlaçaient autour de mes chevilles. C’est cette sensation dégoûtante qui m’a réveillée, et je n’ai pas eu, là non plus, le temps d’analyser ce rêve, car j’étais très en retard. J’ai donc filé en cours, où je suis arrivé en plein milieu d’une explication de Sir Gonza’ghul… La honte…

Evidement, c’est d’Elle que j’avais rêvé avant mon « accident »… Aussi, quand je l’ai vu ce matin, à la bibliothèque, je me suis mis à rougir et à bégayer. La honte, encore une fois, mais devant ses copines, ce coup-là. Mes potes ne m’ont pas loupé…

La vie des jeunes est compliquée. Nous nous retrouvons toujours à devoir improviser, alors que les adultes, eux, ont leur expérience et leurs acquis pour les sortir de ce genre de situation. Vivement que cela change, que je grandisse et que je sois prêt.

Plus tard, je me suis retrouvé seul avec Shienn’Mirã. C’était étrange. Au début, cela me semblait évidant qu’elle aurait préférée être groupée avec Kang’Lop ou l’un des sportifs de notre classe, et elle ne portait que peu d’attention à notre travail. Soudain, je suis tombé sur un ouvrage romantique. Comme toujours, je me suis mis à le lire. Intriguée, Shienn’Mirã m’a alors demandé de quoi il s’agissait, puis elle m’a demandé de lui en lire un passage.

Ce passage, cher journal, je ne te le livrerai pas. Je le garde au fond de moi, dans mon cœur, pour en garder sa substance. Durant toute ma lecture, j’ai senti son regard sur moi. Non plus le regard suffisant d’une fille qui se sait trop bien pour celui qu’elle doit supporter, mais autre chose… de plus chaleureux, de plus tendre… de tellement sensuel…

Ah ! Cher journal, je ne sais comment t’en parler, mais, pendant un moment, elle m’a regardé autrement… Du moins je le crois… et je l’espère…

Le reste de la journée est vite passé et est sans intérêt, hormis mon passage à la Salle des Maîtres, qui est à l’opposé de la biblio, afin de faire une course pour Sir Gonza’ghul... C’est marrant, quand même. D’habitude, les bâtiments semblent plus petits vus de dehors qu’une fois à l’intérieur… Et là, comme pour la biblio, j’ai trouvé que le Quartier des Maîtres semble très petit, une fois dedans, par rapport à la masse que l’on voit en passant devant.

Bah… de toutes manières, je ne suis pas en spécialisation de la section géométrie, pourquoi est-ce que je me pose des questions comme ça… J’en ai assez d’autres sans réponse…

Bon, je vais faire mes devoirs, et je te laisse donc… Garde mes mots précieusement…

A demain, cher journal…


Cre’Ennéadi de Maré 387 UC

ARGL !!! Je panique ! Que faire ! Que ne PAS faire !!! Et personne pour m’aider !!!

J’étais avec Shienn’Mirã, pour notre devoir. Nous avions bien avancé et j’étais en train de me dire que nous aurions terminé bien avant les autres quand elle m’a demandé de lui lire un passage d’un livre qu’elle me tendait. Timidement, j’ai pris le livre entre mes mains et me suis mis à lire, au début avec hésitation, puis de plus en plus aisément. Tout à coup, les poils se sont dressés sur ma nuque et mon épine dorsale s’est gelée… Shienn’Mirã s’était penchée vers moi et s’était mis à me susurrer quelque chose à l’oreille. Je suis resté là, la bouche ouverte, ne sachant que répondre. Elle venait de me demander de la rejoindre à la biblio le lendemain !!! Et moi, comme un idiot, je lui ai répondu que nous n’avions pas cours, le Decadi… Et là, mon cher journal, tu ne sais pas ce qu’elle me dit ?
« Je sais… »
Et elle m’a déposé un baiser sur la joue…

Imagines-tu la tête que j’ai dû faire ? Et bien c’était mille fois pire ! J’ai dû me tenir à l’étagère pour ne pas m’affaler comme une masse. L’étagère, sous mon poids, s’est mise à vaciller dangereusement. Heureusement, elle est restée debout. Mais ça n’a pas empêché le Troll des Prairies de venir voir ce qui se passait. Quelle branlée je me suis pris… Mais je m’en fiche, je La vois demain, seul à seul, perdu dans les rangées d’une bibliothèque qui sera plus que déserte en ce jour de congé…

Que dire du reste de la journée ? Rien, sinon que j’ai avancé comme dans un doux rêve et que je me suis perdu dans les grottes de notre Antre en me trompant à plusieurs reprises de galeries… Je devais avoir l’air idiot, mais que peut-on dire à un idiot heureux ?

Je regarde mes mains, elles tremblent. Je sais déjà que je ne pourrai pas dormir et que je ne penserai qu’à Elle…

A demain, cher journal… (héhéhé)…

Par Sadra - Publié dans : Récits d'autres mondes
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