Eveil sur Davinci
J’ouvre les yeux pour la première fois de ma vie, et pourtant, je sais déjà qui je suis, où je me trouve et où je vais. Je suis un être humain crée par une machine, ou plutôt un complexe ensemble de systèmes informatiques reliés les uns autres, portant le nom de Tau. Je me trouve dans le floatsbed qui m’a élevé et éduqué durant ces deux dernière années, le temps que mon corps devienne celui d’un adulte, stérile et sans besoin de boire, manger ou même dormir. Je sais aussi que moi et environ quarante milles autres personnes, sans compter celles à venir, sommes nés ici et avons été préparés, durant notre croissance, à relever le défi qui nous attend, à savoir survivre ici, dans le système Beta Hyi, sur cette planète hostile qu’est Davinci, que les humains de la Perle Bleue ont jadis décidés de coloniser.
Selon Tau, ou du moins selon le programme qui m’a instruit, nous sommes considérés comme matériel génétique devant coloniser cet endroit qui aurait dû être terraformé à notre réveil. Mais ce n’est pas ainsi que se présente la situation. La Tour est endommagée, l’ascenseur brisé et l’air au-delà des murs gérés par Tau mortel pour nos poumons humains après trois minutes. Cependant, plusieurs choix semblent s’offrir à nous. Réparer l’ascenseur et rejoindre la station spatiale, ce qui nous permettrait d’en apprendre plus sur ce monde, et même, peut-être, de contacter la terre. Continuer le travail de transformation de ce monde, afin que nous puissions nous y répandre et y développer une nouvelle société, indépendante de Tau. Adapter nos corps à cette planète pour apprendre à y vivre et à l’apprécier telle qu’elle est. Nous calfeutrer dans la tour pour y vivre éternellement, ou au moins tant que Tau fonctionne, tout en nous faisant de la place au dépend du matériel de terraformation. Nous pourrions aussi creuser le sol ou continuer d’élever la tour pour nous dégager des espaces vitaux.
Cependant, la tour n’est pas faite pour y vivre. Elle n’est qu’une machine qui était censée nous préparer le terrain. Je ne sais d’où me viennent ces idées, mais je sais que je ne veux pas entrer en contact avec ceux de la Perle Bleue. Je pense aussi que si nous sommes capables de prouver que Davinci peut subvenir à nos besoin telle qu’elle est actuellement, je suis prêt à m’adapter physiquement afin de pouvoir la fouler librement et y vivre.
Je me perds dans mes pensées. Cela n’est pas nouveau, car je me souviens des petites décharges électriques que le système éducatif me faisait ressentir quand mon esprit s’égarait. M’en rendant compte, je cesse de divaguer et attend la punition, mais rien ne vient. Je suis vivant, je suis libre. Un être indépendant enfermé dans une prison avec quarante milles autres détenus qui ont chacun leurs désirs, leurs envies et leurs objectifs. Je souris. J’aimerais savoir de quoi j’ai l’air, mais je ne vois pas de miroir. Je regarde mes mains, mon torse, puis mes jambes, qui se terminent par mes pieds. J’en bouge les orteils. Ils fonctionnent au doigt et à l’œil. Je souris à nouveau. Est-ce de l’humour ? Je ne le sais pas, mais j’ai trouvé amusant que mes pieds m’obéissent au doigt et à l’œil…
Comment expliquer le fait que je vais devoir faire quelque chose que je n’ai jamais fait, mais que j’ai appris et que je sais savoir faire, sans réellement savoir si j’en suis capable ou si l’on m’a enseigné correctement cela ? En effet, comment une machine peut-elle apprendre à marcher à un humain ? Suspicieux, je me redresse et laisse pendre mes jambes dans le vide. Après un moment, ou l’image d’une personne hésitant à se jeter dans un bassin d’eau gelée m’apparaît, je pose mes pieds sur le sol, que je découvre être froid. Presque aussitôt, je me lance en avant. Dans mon esprit, je me vois déjà, emporté par mon élan, basculer en avant et m’étaler de tout mon long sur le sol et me casser le nez par terre. Mais non… Voilà que je me retrouve debout. Prudemment, puis de plus en plus naturellement, j’enchaîne un pas devant l’autre. Je marche, et me rends compte que je suis à nouveau en train de sourire.
Je marche encore, déambulant dans la tour en saluant les autres colons. Je suis content, vivant et prêt à travailler pour le bien de ma communauté. Cependant, un bémol se glisse dans cette partition que je croyais parfaite. Si mes camarades semblent pouvoir communiquer entre eux, ils ne semblent pas me comprendre quand je leur parle. Leurs regards entendus sèment le doute en moi. Après réflexion, j’en conclus que je suis victime d’un bug d’enseignement. Ennuyé, je décide de ne plus parler. Comment être accepté dans un Ring et commencer à travailler si je ne peux communiquer ? J’en suis là de mes pensées quand j’entends soudain des mots familiers. Je lève la tête et regarde autour de moi. Là, tout près, un groupe de colons discutent entre eux, utilisant les mêmes mots que ceux qui me passent par la tête. Ne serait-ce donc pas un bug ? Est-ce que dans un microcosme tel que celui-ci il existe plusieurs langage, comme jadis sur la Perle Bleue ? Dans quels buts ? Pourquoi ne pas me l’avoir enseigné ? Mais trop content d’enfin rencontrer des gens avec qui communiquer, je cesse là mes questions et m’avance vers le rassemblement de gens.
- Bonjour, je me nomme Sadra, et je viens de quitter mon floatsbed…
FIN
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Background écrit pour mon (futur ?) personnage dans le jeu Seed